Vilcabamba, el valle sagrado

25 03 2010

Nous avons visité Vilcabamba, un village situé au Sud de l’Équateur au creux d’une vallée que l’on surnomme “la vallée sacrée” ou Wilco Pamba dans le langage de ses fondateurs indigènes. Nous avons admiré les richesses naturelles offertes par cet endroit magnifique et nous avons profité de notre passage pour cerner les dynamiques fort intéressantes qui existent entre les habitants de ce village dit paradisiaque.


A première vue

Toute la région est connue pour ses eaux pures et limpides très riches en minéraux et son climat de rêve, qui offre toute l’année une température “idéale” restant toujours autour de 25°C. Quant à l’alternance entre la pluie et le beau temps, elle permet de maintenir toute l’année une végétation luxuriante. La vallée est aussi surnommée “la vallée de la longévité”, car les centenaires y sont très nombreux et relatent avec plaisir la vie paisible et saine qu’ils y ont vécue. De nombreuses randonnées, à pied ou à cheval, sont possibles pour s’immerger dans les magnifiques paysages de Vilcabamba et atteindre les sommets des montagnes environnantes.


Qui dit mieux? Adjugé! Vendu!

C’est pour toutes ces raisons que Vilcabamba est un village en pleine croissance qui attire chaque année un plus grand nombre de touristes. Le bouche à oreilles s’est révélé très efficace et Vilcabamba possède maintenant son propre site Internet, en anglais, naturellement!

Ce petit village est joliment décoré et bien entretenu. En découvrant la place principale, le nouvel arrivant sera certainement impressionné par le choix de restaurants, de cafés Internet et d’agences immobilières qui sont mises à sa disposition. Il n’y a pas moins de quatre agences immobilières qui se font concurrence et offrent tout un choix de cabanes, de maisons et de terrains, à ceux qui auront les moyens d’en devenir les propriétaires. En effet, les prix sont à la hausse, car ce petit coin de paradis est de plus en plus courtisé par les investisseurs étrangers. Cette hausse des prix ne se limite d’ailleurs pas à l’achat d’une propriété. Le voyageur qui, en parcourant le pays, avait l’habitude de manger pour 2 ou 3 dollars sera certainement surpris de retrouver des prix dignes d’une ville d’Amérique du Nord. Les restaurants offrent des plats délicieux et variés, des options végétariennes et des plats exotiques qui n’ont rien en commun avec la cuisine locale. Difficile de trouver un plat à moins de 8$.

Anecdote linguistique: À Vilcabamba, il est désormais courant d’utiliser le mot lunch au lieu de almuerzo, comme le veut la langue espagnole.


Welcome to Vilcabamba!

C’est en anglais que nous avons en effet été accueillis dans ce petit village d’Équateur. Dès notre arrivée, nous avons fait la connaissance d’un couple d’Américains, propriétaires d’un restaurant sur la place principale. Un beau projet de ferme biologique en parallèle avec le projet de restaurant offrant de la nourriture saine, à un prix élevé, il faut l’avouer. Pendant la durée de notre séjour à Vilcabamba, ce restaurant s’est révélé être un lieu de rencontre privilégié pour les étrangers, principalement des Américains. Étonnant de se retrouver dans ce petit village d’Équateur, complètement entourés de gens qui parlent anglais. Certains sont de passage, d’autres se sont installés à Vilcabamba, tous ont plaisir à passer du temps ensemble dans un environnement qui leur rappelle leur pays d’origine.

Des habitants de Vilcabamba nous ont raconté qu’un Américain avait acheté plusieurs hectares de terre qu’il avait découpé en parcelles avant de les revendre à un prix exhorbitant. L’ensemble du terrain a été cloturé et muni d’un système de sécurité avec gardien, refermant le lieu sur lui-même. C’est ainsi que plusieurs immigrants en provenance des États-Unis vivent en Équateur comme s’ils étaient encore dans leur pays d’origine, tout en tirant profit des nombreux avantages que la région leur offre. Selon les témoignages que nous avons eus, ils ne font pas le moindre effort pour apprendre à parler espagnol et ne démontrent aucun intérêt à établir un contact avec la population locale. Ils vivent entre eux, dans leur langue et selon leurs traditions. Cela a créé certaines tensions avec la population locale qui voit d’un mauvais oeil les “gringos” s’approprier des terres de cette façon.

Fait assez intéressant, à Vilcabamba, la prophétie de 2012 est un sujet qui revient fréquemment dans les conversations. En effet, plusieurs des nouveaux propriétaires américains ont décidé de venir se réfugier dans la vallée sacrée pour échapper à la fin du monde, aux catastrophes naturelles et à la famine.


Un nouveau souffle

Certains étrangers qui sont venus s’installer à Vilcabamba l’ont fait avec une attitude totalement différente, plus positive, plus humble, plus humaine tout simplement. Nous avons eu la chance de rencontrer une famille qui vit dans la région depuis deux ans. Il s’agit d’un couple originaire de Suisse qui vit à Vilcabamba avec ses trois enfants. Leur volonté de s’intégrer à leur nouvel environnement est très forte. Une nature luxuriante Tous parlent espagnol. Même le petit dernier fait la différence entre la langue parlée à la maison et celle utilisée à l’extérieur. Les enfants sont très heureux d’aller à l’école du quartier et de pouvoir jouer avec leurs nouveaux amis. Les parents sont eux aussi très impliqués dans le développement éducatif, culturel et social du quartier. De plus, ils jettent un regard nouveau sur le monde qui les entoure et cela contribue au développement de la région. Cela se fait principalement sentir pour ce qui concerne la gestion des déchets et la protection de l’environnement. Ces nouveaux arrivants amènent donc un nouveau souffle, un nouveau regard et parfois de nouvelles solutions à certaines problématiques spécifiques à la région. Au lieu de se contenter de craindre la fin du monde, ils contribuent à la création d’un monde meilleur. Bravo!

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Ecuad’or

15 03 2010

Après la Colombie, nous avons passé un mois et demi en Équateur, un petit pays aux richesses très variées. En effet, nous avons profité de la nature tropicale allant du désert à la jungle. Nous avons aussi été témoins du sourire éclatant de ses habitants, ainsi que d´une identité culturelle ancestrale qui survit aux heures de la plus forte homogénéisation. Ce fut un voyage très enrichissant qui a soulevé de nombreuses questions, notamment d´ordre social. Nous voulons partager avec vous nos impressions ainsi que des réflexions concernant certaines politiques gouvernementales.


Équateur: culture et traditions

Dès notre arrivée dans le pays, nous avons remarqué une omniprésence des vêtements traditionnels indigènes. Toute une parade de couleurs, formes et traditions. En Équateur, ces habits ont survécu à l’arrivée des jeans et autres modes provenant de l’extérieur. Ces habits sont portés au quotidien par une grande partie de la population locale et pas seulement par quelques individus cherchant à satisfaire le besoin de dépaysement des touristes de passage.

Habits traditionnels

Cependant, l’Équateur n’est pas imperméable à la vague de consommation qui parcourt notre planète. Ainsi, nous avons pu assister à certaines scènes offrant à nos yeux des contrastes frappants. Nous avons pris cette photo à Quito alors nous marchions derrière un couple vêtu selon les traditions locales. L’homme et la femme transportent un écran plat ainsi qu’une parabole de télé par satellite.

Écrant plat dernier modèle!

C’est avec surprise que nous nous sommes rendu compte qu’une partie de la population indigène d’Équateur ne parle pas espagnol. Au cours de notre passage à Otavalo, nous n’avons pas réussi à communiquer avec une dame qui vendait ses produits essentiellement aux étrangers. Elle ne parlait que le quechua, la langue laissée par les rois Incas. S’agit-il d’une façon de préserver sa culture? Probablement.

Fait intéressant: Un ami équatorien rencontré à Quito nous a fait remarquer que mise à part une légère ressemblance physionomique de ces peuples avec les habitants de l’Asie de l’Est, la phonétique de cette langue est très proche de celle du japonais.

D’autre part, en Équateur, la religion nous a semblé très présente. Comme la tradition le veut, chaque village possède son église. Souvent, les commerces, les maisons et les transports collectifs se placent sous la protection de l’Enfant Jésus, représentation populaire de la Divinité en Amérique Latine. Il n’est pas rare de lire sur une affiche devant son siège Divino Niño Jesus guia mi camino, ce qui signifie “Divin Enfant Jésus guide mon chemin”.


Un exemple à suivre?

Voici quelques faits remarquables du gouvernement équatorien.

  • L’Équateur a été le premier pays à reconnaître dans sa Constitution que la nature a des droits inaliénables. Voir l’extrait ci-dessous (page 52):
Capítulo séptimo
Derechos de la naturaleza
Art. 71.– La naturaleza o Pacha Mama, donde se reproduce y realiza la vida, tiene derecho a que se respete integralmente su existencia y el mantenimiento y regeneración de sus ciclos vitales, estructura, funciones y procesos evolutivos. Toda persona, comunidad, pueblo o nacionalidad podrá exigir a la autoridad pública el cumplimiento de los derechos de la naturaleza. Para aplicar e interpretar estos derechos se observaran los principios establecidos en la Constitución, en lo que proceda. El Estado incentivará a las personas naturales y jurídicas, y a los colectivos, para que protejan la naturaleza, y promoverá el respeto a todos los elementos que forman un ecosistema.
Art. 72.– La naturaleza tiene derecho a la restauración. Esta restauración será independiente de la obligación que tienen el Estado y las personas naturales o jurídicas de Indemnizar a los individuos y colectivos que dependan de los sistemas naturales afectados. En los casos de impacto ambiental grave o permanente, incluidos los por la explotación de los recursos naturales no renovables, el Estado establecerá los mecanismos más eficaces para alcanzar la restauración, y adoptará las medidas adecuadas para eliminar o mitigar las consecuencias ambientales nocivas.
Art. 73.– EI Estado aplicará medidas de precaución y restricción para las actividades que puedan conducir a la extinción de especies, la destrucción de ecosistemas o la alteración permanente de los ciclos naturales. Se prohíbe la introducción de organismos y material orgánico e inorgánico que puedan alterar de manera definitiva el patrimonio genético nacional.
Art. 74.– Las personas, comunidades, pueblos y nacionalidades tendrán derecho a beneficiarse del ambiente y de las riquezas naturales que les permitan el buen vivir. Los servicios ambientales no serán susceptibles de apropiación; su producción, prestación, uso y aprovechamiento serán regulados por el Estado.
Ambiente y Sociedad. Julio de 2009
Pour vous donner une idée du contenu de ce texte, voici une traduction libre:
Chapitre 7
Droits de la nature
Art. 71. – La nature ou Pacha Mama, où se reproduit et se réalise la vie, a le droit à ce que soient respectées intégralement son existence, la conservation et la régénération de ses cycles vitaux, de sa structure, de ses fonctions et de ses processus d’évolution. Toute personne, communauté, village ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique le respect des droits de la nature. Pour appliquer et interpréter ces droits, les principes établis dans la Constitution seront respectés. L’État stimulera les personnes ainsi que les collectifs afin qu’ils protègent la nature et favorisera le respect envers tous les éléments qui forment un écosystème.
Art. 72.La nature a le droit d’être remise en état. Cela sera indépendant de l’obligation qu’ont l’État et les personnes d’indemniser les individus et les collectifs qui dépendent des systèmes naturels affectés. Dans les cas graves ou permanents d’impacts environnementaux, incluant ceux qui le sont par l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables, l’État établira les mécanismes les plus efficaces pour atteindre la restauration de la nature et adoptera les mesures adéquates pour éliminer ou atténuer les conséquences environnementales nocives.
Art. 73. – L’État appliquera des mesures de précaution et de restriction aux activités qui peuvent conduire à l’extinction d’espèces, la destruction d’écosystèmes ou l’altération permanente des cycles naturels. Il est interdit d’introduire des organismes et de la matière organique et non organique qui peuvent altérer de façon définitive le patrimoine génétique national.
Art. 74. – Les personnes, communautés, villages et nationalités auront le droit de bénéficier de l’environnement et des richesses naturelles qui leur permettent de bien vivre. Les services environnementaux ne seront pas susceptibles d’appropriation; sa production, su prestacion, son utilisation et son exploitation seront régulées par l’État.
Environnement et société.  Juillet 2009.
Un geste innovateur posé par le gouvernement d’Équateur, qui refuse par ailleurs d´exploiter des gisements de pétrole en Amazonie en privilégiant les richesses naturelle aux richesses pécunières. Selon certains, le gouvernement actuel aurait compris la valeur de la nature et veut la préserver au maximum. Oui, un exemple à suivre!

Ceci dit, à l’heure où le plastique à usage unique est roi, il nous semble tout aussi important d’entreprendre une sensibilisation globale de la population vis-à-vis de la gestion des déchets. Afin de passer de la théorie à l´action il est nécessaire de faire passer le message à l’ensemble des habitants. Espérons que d’ici quelques années, les bords des routes et les cours d’eau seront libres de tout déchet!

  • En Équateur le vote est plus qu’un droit, c´est un devoir.

Saviez-vous qu’en Équateur, le citoyen qui n’accomplit pas son devoir est passible d’une amende?

C’est à notre grande surprise que nous avons fait cette découverte lors de notre passage à Quito, capitale du pays. Voici la solution que le gouvernement a trouvée pour pallier le manque d’implication politique de la population. Le citoyen qui omet de voter reçoit une amende et s’il continue à manquer à son devoir les amendes s’accumulent. De plus, il est plus que probable que pour s’inscrire à l’université ou encore pour obtenir un emploi, l’intéressé doive joindre à son dossier une attestation de vote.

Devoir de vote!

  • En Équateur, le gouvernement distribue régulièrement de la nourriture dans certains villages ainsi que dans certaines écoles.

Chaque semaine un camion apporte de la nourriture pour les goûters et les repas des enfants dans les écoles. Cette initiative démontre selon nous une implication réelle pour assurer le bien-être de sa population. De plus, dans une école de quartier de Vilcabamba, petit village au Sud du pays, nous avons aussi découvert que chaque jour deux mamans d’élèves viennent à l’école et cuisinent pour tous les enfants avec la nourriture offerte par le gouvernement. Une belle façon d’impliquer les parents dans la vie de l’école, tout en favorisant une nourriture saine préparée avec amour!

Inspirant n’est-ce pas?


A vous de partager!

De nombreux pays ont des initiatives très intéressantes et des solutions à certains problèmes auxquels l’Humanité entière fait face. Certains pays décident de créer une banque de graines non-OGM, d´autres misent sur la nature…  Nous vous invitons a partager vos connaissances en nous laissant un commentaire!





La mitad del mundo

19 02 2010

Hola!

We are currently in Ecuador, near a small town called Malchingui. It is right next to the equator, meaning we are in the middle of the planet, or la mitad del mundo in Spanish.

We are staying at the Comuna de Rhiannon, located an hour away North of Quito in a volcanic desert. It is a very particular community since there are only two permanent members, Helen and Nicky, and all the others are volunteers that are passing by (currently there is 14 visitors). Volunteers stay between a couple of weeks and a year, making this place a living laboratory of alternative techniques.

Imagine a place where each person is free to create what he or she believes could be useful for the community and gets all the support needed to achieve the project… As a result, for the first time ever, we have witnessed a blender that is activated by a bicycle!

We would like to tell you more, but we´re in an Internet cafe in Malchingui (there is no electricity in Rhiannon) and need to go back to the community to water the plants.

Thanks for all your comments and support. We´ll write to you soon with more on the Rhiannon experience!

Much love,

lisa and juan : )





Un jour aux couleurs de cendres

18 02 2010

Lisa a souhaité partager avec vous cette petite histoire qu’elle a écrite, un soir, alors que nous étions avec les Guerriers de l’arc-en-ciel.

 

Un jour aux couleurs de cendres.

 

Lorsqu’elle s’éveilla au monde, elle eut l’impression de n’être pas encore née, tant tout autour d’elle était uniforme, d’un noir aussi profond qu’une nuit sans Lune. Plus possible de faire demi-tour, sous elle, elle sentait une force l’enraciner de plus en plus profondément dans la terre. En elle, irresistible, grandissait l’envie de s’élever toujours plus haut, vers quelque chose qui faisait vibrer chaque cellule de son corps. Impalpable, invisible et pourtant bel et bien là.

Elle se croyait seule, pas un signe de vie, pas un mouvement autour d’elle.

Pourtant, dans ce noir aussi profond qu’une nuit sans Lune,

Elle Était.

Dans ce noir aussi profond qu’une nuit sans Lune, elle était sa propre réalité, figée dans l’espace.

Parfois, elle se regardait, s’inspectant centimètre par centimètre. Elle sentait bien qu’elle était différente de ce néant qui l’entourait.

Après tout: elle était et elle pensait. Elle était car elle pensait.

………..

 

Un beau jour, ou peut-être une nuit, elle sentit soudain un malaise étrange l’envahir. Un goût amer se répandit dans tout son être. Pour la première fois, elle se sentit ridiculement petite, ridicule et petite. D’où ce sentiment provenait-il?

En baissant le regard, elle se rendit compte que là, sous elle et partout autour, des petites particules de cendres lui lançaient un regard noir, aussi noir qu’une nuit sans Lune.

Cette noirceur enveloppait tout.

Intimidée par ces innombrables petits êtres, elle s’informa sur les raisons de cette hostilité.

Toutes en coeur, les petites particules se mirent à l’insulter.

-“Tu n’es pas comme nous, tu n’as rien à faire ici! T’es-tu seulement regardée? Tu es BLEUE! Quel affront!”

La petite créature se fit plus petite encore, elle sentit son coeur se flétrir.

Tentant de retrouver son centre, elle leva les yeux et à sa plus grande surprise, un bleu intense avait chassé la noirceur.

Elle s’informa sur cette nouvelle réalité et c’est alors qu’elle découvrit l’existence du Ciel. Elle était sans aucun doute une petite particule de ce chef d’oeuvre. Mais comment avait-elle atterri ici? Pourquoi? Pourquoi n’était-elle pas restée là-haut? Pourquoi avait-il fallu qu’elle descende sur Terre? À cela, pas de réponse.

Autour d’elle, pas le moindre signe d’amitié, pas la moindre chaleur.

Autour d’elle, les railleries continuaient à fuser.

Emplie d’une profonde tristesse, d’un air résigné, la petite créature se baissa, prit une petite poignée de noirceur et s’en recouvrit, centimètre par centimètre, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement peinte d’un noir aussi profond qu’une nuit sans Lune.

Elle versa une larme.

Le Ciel s’assombrit.

Alors seulement, l’hostilité retomba, aussi vite qu’elle était apparue. Elle était des leurs, sans éclat. Ironiquement, en devenant aussi sombre qu’une ombre, elle avait cessé de leur faire ombrage.

Elle devint aigrie, ni gaie, ni grise.

Elle avait cessé de croire, elle avait cessé de croître.

Elle resta ainsi longtemps, figée entre le sommeil et l’éveil, ne pouvant s’abandonner entièrement ni à l’un ni à l’autre.

………..

 

Un beau jour, ou peut-être une nuit, quelque chose changea.

À l’endroit précis où une larme avait un jour dispersé les cendres, un petite pointe de couleur avait fait son apparition. Un petit éclat d’un vert tendre qui grandissait et s’affirmait de jour en jour.

Le cycle des railleries recommença et une petite voix, éteinte et sans joie, s’était jointe aux autres.

Envers et contre tous, l’éclat devint plus fort, un cercle parfait d’un jaune étincelant se forma et répandit autour de lui des petites vagues violettes.

Dans l’immensité d’une mer de cendres, une fleur était née et luttait de toutes ses forces contre le vent d’insultes qui cherchait à la déraciner.

Le même scénario se produisit, un goût amer, un sentiment de solitude, une tristesse semblable à un gouffre.

Au moment où la petite fleur violette se baissa pour ramasser une poignée de noirceur, un éclair traversa l’obscurité. Une goutte d’eau s’abattit bruyamment sur le sol, puis une autre et encore une autre.

Le Ciel abreuvait la Terre de ses larmes d’impuissance

trop longtemps refoulées.

………..

 

Lorsque la tempête cessa, le Ciel bleu et le Soleil révélèrent un tableau bien différent.

Nettoyées par la pluie, des milliers de fleurs de toutes les couleurs répandaient autour d’elles leur partie d’arc-en-ciel. Elles se regardaient, ébahies de se découvrir si nombreuses, exposant chacun de leurs pétales au Soleil en qui depuis toujours elles avaient cru.

………..

 

Chaque larme avait eu sa raison d’être,

 

Il suffisait d’écouter son coeur,

Et, quoi qu’il arrive, d’afficher ses couleurs!

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In Lakesh

13 02 2010

In Lakesh est une expression maya qui signifie ‘Je suis un autre toi’ ou encore: ‘Je suis toi’. Ce salut maya vient nous rappeler que nous sommes les maillons d’une immense chaîne: l’Humanité. Bien que chaque individu ait une évolution qui lui soit propre, l’évolution de l’espèce toute entière peut dépendre de celle d’un petit groupe.

Que nous le voulions ou non, nous sommes connectés les uns aux autres, ne serait-ce que par le fait de vivre sur la même planète. Que nous en soyons conscients ou non, nos actions quotidiennes peuvent avoir des répercussions sur des humains qui vivent à des milliers de kilomètres de nous.

 

Le cercle

Il y a quelques jours, nous avons participé à une cérémonie de célébration de la pleine lune. Au programme, une séance de Kundalini yoga, une cérémonie de guérison par la thérapie Homa et une soirée autour du feu accompagnée de chants et de danses.

Lorsque la cérémonie de guérison s’est terminée, le professeur de yoga nous a invités à nous placer en cercle, genoux contre genoux, le dos droit et les yeux fermés. Il fallait être au moins onze participants, nous étions environ une quarantaine. L’exercice consistait à répéter un mantra pendant onze minutes dans une dynamique d’appel et de réponse.

Le professeur commençait en disant le mantra à haute voix, avec confiance. Tous en choeur, nous devions répondre, en le répétant. Le professeur cédait alors la parole à la personne à sa gauche, en disant à voix basse: “sat nam”. Celle-ci lançait à son tour l’appel auquel nous répondions. Et ainsi de suite. Le mantra devait circuler dans le cercle, d’humain en humain, avec fluidité, s’harmonisant au rythme du djembé. À cela, s’ajoutait une consigne importante concernant l’énonciation du mantra wahe guru, qui symbolise l’extase, le passage de l’obscurité à la lumière. La première partie wahe devait être prononcée assez rapidement, en un temps. La deuxième partie devait quant à elle mettre l’accent sur le guuuuu et dire rapidement ru, le tout en deux temps. Le professeur de yoga, qui dirigeait l’exercice, a fortement insisté sur l’importance de respecter cette consigne. Il importait aussi de rester bien concentré pour agir lorsque venait son tour.

Le mantra commence son parcours. Les yeux fermés, nous écoutons l’appel et nous y répondons. Il est intéressant de noter la différence dans l’énergie et la confiance avec lesquelles il est lancé par les différents participants. Nous nous rendons compte rapidement que l’une des participantes éprouve de la difficulté à prononcer correctement le mantra, mettant systématiquement l’emphase sur le wa et prononçant wahe en deux temps. Néanmoins, le reste du groupe répond correctement à l’appel.

 

Mais que s’est-il passé?

Le mantra a parcouru le cercle trois fois de suite, passant de l’un à l’autre de façon harmonieuse. Peu après l’appel de la participante mentionnée précédemment, une autre jeune femme a commis la même erreur d’énonciation. Cette fois, lorsque nous avons répondu à l’appel, nous ne l’avons pas fait d’une seule et même voix. Certains ont répondu à l’appel tel qu’ils l’ont entendu, d’autres ont continué à le répéter tel qu’il nous avait été enseigné. “Sat nam“. La personne suivante a lancé l’appel en reproduisant l’erreur. C’est ainsi qu’à notre grande surprise, c’est un mantra déformé qui a commencé à se répandre le long du cercle.

Nous étions déstabilisés. Que fallait-il faire? Répéter le mantra erroné en choeur avec le reste du groupe tout en sachant que nous nous trompions? Ne pas répondre à ces appels? S’entêter à répéter le mantra d’origine, en contrastant avec la réponse générale? Seule cette dernière option nous a paru satisfaisante, sachant que quelque part dans le cercle quelqu’un d’autre tentait sûrement de maintenir l’axe. Le mantra continuait malgré tout à passer de participant en participant et à s’imposer de plus en plus au sein du groupe. À chaque nouvel appel, nous nous posions la question: cette personne allait-elle prendre l’initiative de rectifier la situation? Le mantra erroné a parcouru plus de la moitié du cercle avant que ce ne soit notre tour. Dans ce contexte, le simple fait de se rappeler du mantra enseigné demandait un effort supplémentaire. Nous étions assis côte à côte, et nous avons tous les deux prononcé le mantra d’origine. L’ensemble du groupe y a répondu correctement. “Sat nam“. La personne suivante est par contre revenue à la version erronée du mantra, à nouveau suivie par le groupe. Enfin, juste avant que les onze minutes ne se soient écoulées, un jeune homme a lancé haut et fort un appel qui sonnait enfin juste. Quelques participants plus tard, l’exercice s’est terminé, le mantra d’origine avait été rétabli juste à temps.

Tout le monde le fait... mais! - Mortimer - mortimeriadas.com - Tous droits réservés

 

“Parallèlôdrame”

Dans une certaine mesure, nous avons trouvé cette scène fort symbolique. En effet, nous avons fait un parallèle entre ce que l’on pourrait nommer le “phénomène du cercle” et la logique sociale dominante de nos jours.

Serait-ce possible que nous reproduisions inconsciemment les erreurs de nos voisins? Nous arrive-t-il de justifier nos actions, alors que nous savons à l’intérieur de nous qu’elle ne sont pas justes?

Comme nous l’avons mentionné, nous avons remarqué que nous nous sentions en harmonie avec le groupe lorsque nous prononcions le mantra tous ensemble, qu’il soit déformé ou non. Serait-ce la volonté de préserver cette harmonie qui nous pousse à fermer les yeux tout en se disant “après tout, tout le monde le fait”?

À la lumière de tout cela, il semble très important d’être conscients de l’impact de notre sphère d’influence (famille, cercle d’amis, collègues de travail)” sur nos pratiques quotidiennes. Voilà une nouvelle façon de voir le proverbe populaire: “Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es”.

Bien souvent, lorsqu’un individu tente d’agir autrement, même sans l’affirmer ouvertement, il remet en question le système établi. Il sera parfois qualifié de rabat-joie, de rebelle, voire d’extrêmiste. Ne serait-ce pas un peu à l’image de cette voix qui s’élève pour rappeler le mantra d’origine? De cette voix qui nage à contre-courant?

 

Que pouvons-nous tirer de cette expérience?

Plus que des affirmations, cette expérience a soulevé en nous de nombreuses questions. Vos commentaires, plus que bienvenus, nous semblent nécessaires pour tirer profit de cet épisode.

  • Le parallèle que nous avons fait entre cette expérience de groupe et le fonctionnement général de la société vous paraît-t-il censé?
  • Comment aurions-nous pu éviter que l’erreur d’une seule personne se répande à l’ensemble du groupe?
  • Comment différencier ce qui nous est propre, notre vérité intérieure, de l’influence extérieure qui tente de s’imposer à nous?
  • Quelle serait la meilleure façon de mettre consciemment à profit le “phénomène du cercle”?
  • Que pensez-vous de la citation suivante?

L’homme raisonnable s’adapte au monde, l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable.” – George Bernard Shaw

 

Merci pour vos commentaires!





Excuse me, may I have some coherence please?

11 02 2010

Our journey exploring alternative ways of living has taken us to an ecologically-oriented farm near Bogota, Colombia. They were hosting an event to celebrate the full moon with kundalini yoga, sacred healing fires and lots of uplifting spiritual vibrations. The purpose of this evening was to heal the Earth and ourselves. Curious about this invitation we prepared a vegetarian dish to share, as all attendees were asked, and decided to go and check it out.

 

Context

As we can read in its mission statement, this place is: “a green-oriented farm, retreat and educational center […] we want to set an example of how to live in harmony with nature by recycling, using alternative energy, responsibly managing waste and water residues, and implementing organic agriculture and farming […] we offer a unique space for contemplation and self enrichment, filling a void in Colombia’s ecoturism market while contributing to outreach programs in the local community.”

Once there, we were very impressed by the imposing colonial house and the more than 2 centuries old tree in the front yard. We were offered some tchai and ginger tea to warm up a bit. And guess what? They were being served in one-use plastic cups. Then, followed the styrofoam plates, the plastic forks and the paper towels.

As conscious individuals we were gathered to sing hindi mantras, light sacred fires and heal the Earth, yet at the same time we were leaving behind paper, plastic and styrofoam! So, on one level we were participating in a healing ceremony for the Earth and on another level – simultaneously – we were polluting it. We cannot say that our actions on one level are more important than the other, we believe both are as important. Far from wanting to judge this place, we want to use this experience to address a general issue:

Conscious people: let’s be coherent!

 

If we talk green, let’s do green

There is a lot of talk about protecting the planet. International organizations have come up with the concept of ‘sustainability’ in order to enforce holistic thinking and the respect towards nature. As a consequence, it has become ‘cool’ to be green. Riding a bicycle to work, cutting-out our meat consumption, and even taking care of ourselves by doing yoga or practicing meditation is seen as trendy. That is great! Now let’s make it more than just a matter of fashion. Let’s make it real!

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In our trip, we have been to eco-zones that use toxic soap directly in the river, ecovillages where there are more water-polluting toilets than dry ones, and lots of ‘holistic’ stores where plastic bags and containers are used systematically. We have come up with the conclusion that such concepts as ‘green’, ‘healthy’, ‘spiritual’ and ‘eco’ have become very popular, and that the market is fulfilling those needs. It seems we are consuming those concepts without paying attention to what they mean. How can we heal the Earth by chanting and meditating if at the same time we are destroying and polluting it?

“The Earth is the only world known so far to harbor life. There is nowhere else, at least in the near future, to which our species could migrate. Visit, yes. Settle, not yet. Like it or not, for the moment the Earth is where we make our stand.” – Carl Sagan

 

What can we do?

In a previous article, we discussed the importance of reducing our consumption of plastics and changing our consuming habits. More than recycling and managing waste, the point we developed was to avoid wasting. When hosting an event like this, organizers can easily ask the attendees to bring their own plates, glasses, forks and reusable napkins. Another possibility is to provide all necessary dishes and utensils, if one regularly hosts events like this. If worried about cleaning, we can set up a washing station and ask people to clean their dishes after using them. Two or three bassins with water and vinegar are enough. Not only will we be reducing the environmental impact of the event, we will also be creating a sense of personal responsibility amongst the participants. If you have any other ideas, please leave a comment!

 

Spiritual beings in a concrete world

Yes, we are spiritual beings. Which means we have a spirit, an essence or spark that makes us unique. That spirit (or however you want to call it) is capable of being conscious and thus choosing, which is called ‘free will’. But, we live in a material world where our actions have consequences. So, our free will is to be used in this material, concrete world.

The word concrete comes from the latin roots cum and crescere literally translating ‘to grow with’. As spiritual beings we need to be aware that our inner growth is achieved through concrete actions, we need to grow with matter. Ideas, words and wishes have an impact only through action. So, it is great to talk about the environment. It is great to raise awareness around us about protecting the planet. Now imagine how powerful it is to act according to such values.

We don’t mean that our inner realities do not count. They are crucial, and being in touch with them allows us to be in harmony with ourselves. But that interior world has to generate actions in the exterior world in order to be expressed and fully lived.

Our thoughts have an impact on ourselves and they determine the way we feel. Our words have an impact on each other and they determine the way we are perceived by our peers. But it is our actions that have an impact on our planet, and we have come to the point where they determine our future. The more we find a balance between our several facets, the more coherent our lives become and the easier it is to create our realities.

 

21st century: consuming and… what else?

Let’s think about our interactions in society. They are mostly gravitating around consumption. Even the most personal individual-to-individual interaction is linked with consumption. Dates happen in bars, coffee places or restaurants. Birthdays involve food for the guests, gifts, and special clothes. Newborns have become extremely expensive these days, and even passing away is a great business. Those are just a few caricatural examples, but think about all the things we consume in one day. Our everyday actions have become consuming habits. The challenge is to make those habits conscious.

Courtesy of polyp.org.uk (all rights reserved)

 

T.T.A.

Our goal with this post is to encourage all of us to act according to our values and principles. To simplify things, we have come up with T.T.A. which stands for think = talk = act.

1) Think: In advance. Our current consuming habits involve buying, using and throwing away, without even worrying about our garbage and what happens to it. Let’s have it in our minds at all times that we need to reduce our impact on the planet. Even better, let’s remember we can have a positive impact on our environment. Let’s think in advance of what we need. Are we going to need bags for shopping? Did we put our reusable mug in our bags? Will we need plates, utensils and napkins at the event?

2) Talk: When necessary. Our speech is a very powerful tool when used appropriately. Often, we tend to criticize and judge and we get lost in long explanations and debates where different opinions try to overpower each other. We loose our power. To help us, we can privilege words that invite us to action. As Ghandi said, let’s “be the change”, not talk about it.

3) Act: Consciously, so we brake the habits we have created through time. Every action is an opportunity to have a concrete impact on our world. When our actions reflect our values, they give us strength. It’s simple, if we go against our values we are sending the message to ourselves that they are not important. By acting according to our principles we are sending the message that “Yes, our values are dear to us, and yes, we can do something about the issues we’re concerned with”. We can act.

 

Judge a tree by its fruit and a human by its actions

How many times do we hear people say something and do the opposite? How many times have we said something and done something else? Many, and we all do. So the best way to stick to our word is to say as little as possible and act. How strange is it that we need to talk about the things we are going to do… Doing them is enough!

To finish, here’s a quote we find to be very valuable:

“Watch your thoughts, for they become words. Watch your words, for they become actions. Watch your actions, for they become habits. Watch your habits, for they become character. Watch your character, for it becomes your destiny.” – Author unknown

 

Take it further!

To estimate your personal impact on the Earth, also called ‘ecological footprint’ go to: myfootprint.org/en/

There several movements that want to rethink our relationship to consumption. Here are some links to learn about the most popular ones:

To learn more about actions, habits and how to brake them, try it for yourself and please let us know how it goes!





Gabeno, the dynamics of biodynamics

7 02 2010

We got back from Gabeno, the biodynamic farm we mentioned in our previous post. In this article, we did our best to put together our learnings on biodynamics, or as we call it ‘conscious farming’. Our purpose is to present the basics of the biodynamic method, and to generate curiosity about the subject. At the end of the article, readers will find several links to further their knowledge.

 

A look at space and time

Gabeno was founded 20 years ago by a German man who was deeply interested in Rudolf Steiner’s philosophy. His goal was to create a place where biodynamics could be explored, and let the project evolve on its own. Located one hour away from Bogota, near Tenjo, the weather allows all-year-long production in a wide variety of vegetables. The farm also has cattle, and produces milk, yogurt, cheese and compost!

At Gabeno, enthusiasts study and apply the principles of biodynamics. In order to share their approach with interested individuals, they welcome interns and host weekly study-groups that are open to all. We find it important to mention that the people working and living there have a sincere will to teach and learn, and their approach is so human and humble that it makes the experience at Gabeno out of the ordinary. As William says, concerning the deeper aspects of biodynamics: “We are all students”.

 

Biodynamic agriculture, the works of Rudolf Steiner

Born in Austria in the late 19th century, Rudolf Steiner influenced several aspects of society. Philosophy, spirituality, education, arts, and agriculture are all subjects in which he left a significant trace. He is best known for being the founding father of Anthroposophy, also called ‘spiritual science’ (source: click link).

At the beginning of the 20th century, Steiner was approached by a group of farmers concerned about the deterioration of the soil. As a result, he gave a series of conferences, known today as the “Agriculture course: The birth of the biodynamic method”. Through his conferences he describes the principles of biodynamics as being the balance of all forces influencing the growth and development of life.

Nowadays, the depletion of the soil as a consequence to the ‘Green Revolution‘ is obvious. Farmers from all over the world are asking for alternatives, such as organic farming, ecological agriculture, permaculture and biodynamics.

 

The farm as an organism

The farm is more than a piece of land used for growing vegetables and having cattle. Seen through the eyes of biodynamic farmers, the farm is a living organism in the sense that each farm is unique (source only in Spanish: click link). The challenge is getting to know the land and its specific qualities. Biodynamics has it clear that all aspects and areas of the farm are connected. We cannot influence one specific area without affecting the organism as a whole. The coherence and harmony in our actions will determine the quality of the crops.

 

Working with cosmic forces

Most of us are aware that plants react to several factors: weather conditions, the amounts of sunlight and water, and the nutricious quality of the soil. But  there are more subtle forces that also influence the development and growth of plants. Such forces are ‘cosmic’, meaning they depend on the position of the Sun, the phases of the Moon, and the interaction between the different planets in our system. The Biodynamic method pays attention to all forces and takes into consideration the fluctuations of the cosmos to create a balance.

Several experiments have been conducted regarding these influences. Based on the teachings of Rudolf Steiner, Maria Thun has been studying the growth of plants for over 40 years (source: click link). One of her first experiments was to plant radishes every hour for several days observing clear differences in their development. Since all radishes were being planted in the same type of soil, getting the same amount of light and water, and being taken care of in the same ways, she concluded more subtle factors were responsible for such differences.

Her research has established specific days for specific labors, giving birth to the “Maria Thun’s Calendar“. According to her experiments, some days are appropriate for sowing, others for doing maintenance, and others for harvesting. Yet, this varies depending on what crop we grow: roots (like carrots), leaves (like spinach), fruit (like beans) or flowers (like calendula).

At Gabeno, we tried to apply the calendar as much as possible, yet it is very hard for a productive farm to be able to work exclusively according to the appropriate dates. This is mainly a consequence of the market and its pressure. Imagine going on Monday to buy our carrots, beetroots and radishes, and coming back on Sunday to pick up spinach, leek and parsley… Not yet, simply not yet!

 

The preparations

Another important aspect of biodynamic agriculture is the use of what we call ‘preparations’. Just as homeopathy uses very small amounts of plants or other extracts in order to ‘boost’ specific parts of our body, the preparations are small amounts of plants, mineral or animal compounds. Applied to crops, nearby greens or to compost, they are intended to drive natural forces and stimulate their effects. They are numbered, going from 500 to 508.

We helped spraying preparations 500 and 501. Preparation 500 is made out of cow manure fermented in cow horn and buried from September until April to absorb the energies of the Moon, strongly related to water and associated to the roots of plants. Preparation 501 is its complement, made out of powdered qwartz packed in cow horn and buried from April to September, attracting the energies of the Sun, linked to light and heat, and acting on foliage.

In order to use the preparations, we first need to ‘dynamize’ them in water. We mix a small amount of the preparation in abundant water and we stirr it for one hour. The purpose of stirring is to give life back to the water, by giving it movement. Preferably we use rainwater and we always begin the process by stirring to the left, then to the right, and then we alternate directions for one hour. Once this is done, the preparation is dynamized and ready to be sprayed.

While we were at Gabeno, they were having issues with the weather. In fact, the season has been very dry with cold temperatures in the mornings. This usually happens around February, but it seems this year it happened earlier than usual. Temperatures went down to -7 °C which is very cold for the tropics. So, preparation 500 was spayed to activate the water forces and generate a humid environment, protecting the plants from the early cold temperatures, since plants resist cold temperatures better when moist. On top of spaying the preparation, we also watered the garden everyday. As a result, we created an appropriate environment for fungal diseases to develop…

That’s why the nest morning, we applied preparation 501 on young and leafy crops. This preparations stimulates the energies of the Sun and its heat. The purpose was to eliminate the excessive humidity and control fungus on leaves. It was great to be there to understand how both preparations are used to regulate each other’s actions. Again, the principle is balance.

 

Giving back what we have taken

“The art of making compost consists in using whatever you have. The point is to give the necessary nutrients back to the Earth”, says William, as he was teaching us the art of composting. Indeed, the Earth feeds us through the fruit and vegetables we take from it. Somehow, we must give it back all the nutrients we have ‘used’. Else, we will empty its reserve and slowly but surely, we will end up having a depleted, unhealthy soil.

Composting is a natural way to close the cycle, and give the Earth the nutrients it needs to keep on feeding us. Nowadays, most of us know what composting is. But biodynamic composting is quite unique. It is made out of organic left-overs and cow manure, but it also incorporates the above mentioned preparations. On specific dates, according to the calendar, small amount of the preparations 502 to 507 are put into the pile. On our first visit, we helped with this procedure. The preparations are put into fresh manure balls, like dumplings, and then put into the compost pile, in the center of it. Following homeopathic principles, small quantities are enough, and act on the entire compost.

We do not know much about why such preparations are used, other than “to reconnect the compost with the cosmos”. What we do know, is that the result of implementing such preparations makes a difference in the quality of the compost that even skeptics can notice. As told by Oscar, one of the workers at Gabeno: “When I first arrived here, I used to laugh at the preparations and their weirdness. But I remember once we didn’t use the preparations properly and our compost was still not ready in the center. The manure was still fresh. We applied the preparations and left the pile for another month. At the end of it, the compost was of excellent quality and worked great!”. We do not have enough knowledge to determine how accurate this is. We are just able to transmit what we saw and heard. One thing is clear: he who knows, knows. And usually, farmers know best about their land and procedures.

 

Conclusion

Entering Gabenos’ everyday life was a very fulfilling experience. We had a hands-on learning process where we discovered the beauty of farming and the challenges it represents to do it naturally. We were also able to appreciate the power of the biodynamic method and see for ourselves why it can be called ‘conscious farming’. With a down-to-Earth approach, we shared with you our experience in order to present an alternative to the artificial products we are using all over the world in our farms, our crops, our food.

This situation is not only our farmers’ issue, it is our issue too, as consumers. By being aware that alternatives exist we are better prepared to make our choices. Let’s choose health for our Planet and ourselves!

If you have any comments, ideas or suggestions please do share, we appreciate it : )

 

Take it further!

To learn more about the ‘Green Revolution’ and its current consequences visit www.foodfirst.org/media/opeds/2000/4-greenrev.html

To learn more about Biodynamics visit www.biodynamics.com/biodynamics.html

To learn more biodynamic preparation, its uses and further readings on the subject go to page 3 and 4 of this article