Vilcabamba, el valle sagrado

25 03 2010

Nous avons visité Vilcabamba, un village situé au Sud de l’Équateur au creux d’une vallée que l’on surnomme “la vallée sacrée” ou Wilco Pamba dans le langage de ses fondateurs indigènes. Nous avons admiré les richesses naturelles offertes par cet endroit magnifique et nous avons profité de notre passage pour cerner les dynamiques fort intéressantes qui existent entre les habitants de ce village dit paradisiaque.


A première vue

Toute la région est connue pour ses eaux pures et limpides très riches en minéraux et son climat de rêve, qui offre toute l’année une température “idéale” restant toujours autour de 25°C. Quant à l’alternance entre la pluie et le beau temps, elle permet de maintenir toute l’année une végétation luxuriante. La vallée est aussi surnommée “la vallée de la longévité”, car les centenaires y sont très nombreux et relatent avec plaisir la vie paisible et saine qu’ils y ont vécue. De nombreuses randonnées, à pied ou à cheval, sont possibles pour s’immerger dans les magnifiques paysages de Vilcabamba et atteindre les sommets des montagnes environnantes.


Qui dit mieux? Adjugé! Vendu!

C’est pour toutes ces raisons que Vilcabamba est un village en pleine croissance qui attire chaque année un plus grand nombre de touristes. Le bouche à oreilles s’est révélé très efficace et Vilcabamba possède maintenant son propre site Internet, en anglais, naturellement!

Ce petit village est joliment décoré et bien entretenu. En découvrant la place principale, le nouvel arrivant sera certainement impressionné par le choix de restaurants, de cafés Internet et d’agences immobilières qui sont mises à sa disposition. Il n’y a pas moins de quatre agences immobilières qui se font concurrence et offrent tout un choix de cabanes, de maisons et de terrains, à ceux qui auront les moyens d’en devenir les propriétaires. En effet, les prix sont à la hausse, car ce petit coin de paradis est de plus en plus courtisé par les investisseurs étrangers. Cette hausse des prix ne se limite d’ailleurs pas à l’achat d’une propriété. Le voyageur qui, en parcourant le pays, avait l’habitude de manger pour 2 ou 3 dollars sera certainement surpris de retrouver des prix dignes d’une ville d’Amérique du Nord. Les restaurants offrent des plats délicieux et variés, des options végétariennes et des plats exotiques qui n’ont rien en commun avec la cuisine locale. Difficile de trouver un plat à moins de 8$.

Anecdote linguistique: À Vilcabamba, il est désormais courant d’utiliser le mot lunch au lieu de almuerzo, comme le veut la langue espagnole.


Welcome to Vilcabamba!

C’est en anglais que nous avons en effet été accueillis dans ce petit village d’Équateur. Dès notre arrivée, nous avons fait la connaissance d’un couple d’Américains, propriétaires d’un restaurant sur la place principale. Un beau projet de ferme biologique en parallèle avec le projet de restaurant offrant de la nourriture saine, à un prix élevé, il faut l’avouer. Pendant la durée de notre séjour à Vilcabamba, ce restaurant s’est révélé être un lieu de rencontre privilégié pour les étrangers, principalement des Américains. Étonnant de se retrouver dans ce petit village d’Équateur, complètement entourés de gens qui parlent anglais. Certains sont de passage, d’autres se sont installés à Vilcabamba, tous ont plaisir à passer du temps ensemble dans un environnement qui leur rappelle leur pays d’origine.

Des habitants de Vilcabamba nous ont raconté qu’un Américain avait acheté plusieurs hectares de terre qu’il avait découpé en parcelles avant de les revendre à un prix exhorbitant. L’ensemble du terrain a été cloturé et muni d’un système de sécurité avec gardien, refermant le lieu sur lui-même. C’est ainsi que plusieurs immigrants en provenance des États-Unis vivent en Équateur comme s’ils étaient encore dans leur pays d’origine, tout en tirant profit des nombreux avantages que la région leur offre. Selon les témoignages que nous avons eus, ils ne font pas le moindre effort pour apprendre à parler espagnol et ne démontrent aucun intérêt à établir un contact avec la population locale. Ils vivent entre eux, dans leur langue et selon leurs traditions. Cela a créé certaines tensions avec la population locale qui voit d’un mauvais oeil les “gringos” s’approprier des terres de cette façon.

Fait assez intéressant, à Vilcabamba, la prophétie de 2012 est un sujet qui revient fréquemment dans les conversations. En effet, plusieurs des nouveaux propriétaires américains ont décidé de venir se réfugier dans la vallée sacrée pour échapper à la fin du monde, aux catastrophes naturelles et à la famine.


Un nouveau souffle

Certains étrangers qui sont venus s’installer à Vilcabamba l’ont fait avec une attitude totalement différente, plus positive, plus humble, plus humaine tout simplement. Nous avons eu la chance de rencontrer une famille qui vit dans la région depuis deux ans. Il s’agit d’un couple originaire de Suisse qui vit à Vilcabamba avec ses trois enfants. Leur volonté de s’intégrer à leur nouvel environnement est très forte. Une nature luxuriante Tous parlent espagnol. Même le petit dernier fait la différence entre la langue parlée à la maison et celle utilisée à l’extérieur. Les enfants sont très heureux d’aller à l’école du quartier et de pouvoir jouer avec leurs nouveaux amis. Les parents sont eux aussi très impliqués dans le développement éducatif, culturel et social du quartier. De plus, ils jettent un regard nouveau sur le monde qui les entoure et cela contribue au développement de la région. Cela se fait principalement sentir pour ce qui concerne la gestion des déchets et la protection de l’environnement. Ces nouveaux arrivants amènent donc un nouveau souffle, un nouveau regard et parfois de nouvelles solutions à certaines problématiques spécifiques à la région. Au lieu de se contenter de craindre la fin du monde, ils contribuent à la création d’un monde meilleur. Bravo!

Advertisements




Ecuad’or

15 03 2010

Après la Colombie, nous avons passé un mois et demi en Équateur, un petit pays aux richesses très variées. En effet, nous avons profité de la nature tropicale allant du désert à la jungle. Nous avons aussi été témoins du sourire éclatant de ses habitants, ainsi que d´une identité culturelle ancestrale qui survit aux heures de la plus forte homogénéisation. Ce fut un voyage très enrichissant qui a soulevé de nombreuses questions, notamment d´ordre social. Nous voulons partager avec vous nos impressions ainsi que des réflexions concernant certaines politiques gouvernementales.


Équateur: culture et traditions

Dès notre arrivée dans le pays, nous avons remarqué une omniprésence des vêtements traditionnels indigènes. Toute une parade de couleurs, formes et traditions. En Équateur, ces habits ont survécu à l’arrivée des jeans et autres modes provenant de l’extérieur. Ces habits sont portés au quotidien par une grande partie de la population locale et pas seulement par quelques individus cherchant à satisfaire le besoin de dépaysement des touristes de passage.

Habits traditionnels

Cependant, l’Équateur n’est pas imperméable à la vague de consommation qui parcourt notre planète. Ainsi, nous avons pu assister à certaines scènes offrant à nos yeux des contrastes frappants. Nous avons pris cette photo à Quito alors nous marchions derrière un couple vêtu selon les traditions locales. L’homme et la femme transportent un écran plat ainsi qu’une parabole de télé par satellite.

Écrant plat dernier modèle!

C’est avec surprise que nous nous sommes rendu compte qu’une partie de la population indigène d’Équateur ne parle pas espagnol. Au cours de notre passage à Otavalo, nous n’avons pas réussi à communiquer avec une dame qui vendait ses produits essentiellement aux étrangers. Elle ne parlait que le quechua, la langue laissée par les rois Incas. S’agit-il d’une façon de préserver sa culture? Probablement.

Fait intéressant: Un ami équatorien rencontré à Quito nous a fait remarquer que mise à part une légère ressemblance physionomique de ces peuples avec les habitants de l’Asie de l’Est, la phonétique de cette langue est très proche de celle du japonais.

D’autre part, en Équateur, la religion nous a semblé très présente. Comme la tradition le veut, chaque village possède son église. Souvent, les commerces, les maisons et les transports collectifs se placent sous la protection de l’Enfant Jésus, représentation populaire de la Divinité en Amérique Latine. Il n’est pas rare de lire sur une affiche devant son siège Divino Niño Jesus guia mi camino, ce qui signifie “Divin Enfant Jésus guide mon chemin”.


Un exemple à suivre?

Voici quelques faits remarquables du gouvernement équatorien.

  • L’Équateur a été le premier pays à reconnaître dans sa Constitution que la nature a des droits inaliénables. Voir l’extrait ci-dessous (page 52):
Capítulo séptimo
Derechos de la naturaleza
Art. 71.– La naturaleza o Pacha Mama, donde se reproduce y realiza la vida, tiene derecho a que se respete integralmente su existencia y el mantenimiento y regeneración de sus ciclos vitales, estructura, funciones y procesos evolutivos. Toda persona, comunidad, pueblo o nacionalidad podrá exigir a la autoridad pública el cumplimiento de los derechos de la naturaleza. Para aplicar e interpretar estos derechos se observaran los principios establecidos en la Constitución, en lo que proceda. El Estado incentivará a las personas naturales y jurídicas, y a los colectivos, para que protejan la naturaleza, y promoverá el respeto a todos los elementos que forman un ecosistema.
Art. 72.– La naturaleza tiene derecho a la restauración. Esta restauración será independiente de la obligación que tienen el Estado y las personas naturales o jurídicas de Indemnizar a los individuos y colectivos que dependan de los sistemas naturales afectados. En los casos de impacto ambiental grave o permanente, incluidos los por la explotación de los recursos naturales no renovables, el Estado establecerá los mecanismos más eficaces para alcanzar la restauración, y adoptará las medidas adecuadas para eliminar o mitigar las consecuencias ambientales nocivas.
Art. 73.– EI Estado aplicará medidas de precaución y restricción para las actividades que puedan conducir a la extinción de especies, la destrucción de ecosistemas o la alteración permanente de los ciclos naturales. Se prohíbe la introducción de organismos y material orgánico e inorgánico que puedan alterar de manera definitiva el patrimonio genético nacional.
Art. 74.– Las personas, comunidades, pueblos y nacionalidades tendrán derecho a beneficiarse del ambiente y de las riquezas naturales que les permitan el buen vivir. Los servicios ambientales no serán susceptibles de apropiación; su producción, prestación, uso y aprovechamiento serán regulados por el Estado.
Ambiente y Sociedad. Julio de 2009
Pour vous donner une idée du contenu de ce texte, voici une traduction libre:
Chapitre 7
Droits de la nature
Art. 71. – La nature ou Pacha Mama, où se reproduit et se réalise la vie, a le droit à ce que soient respectées intégralement son existence, la conservation et la régénération de ses cycles vitaux, de sa structure, de ses fonctions et de ses processus d’évolution. Toute personne, communauté, village ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique le respect des droits de la nature. Pour appliquer et interpréter ces droits, les principes établis dans la Constitution seront respectés. L’État stimulera les personnes ainsi que les collectifs afin qu’ils protègent la nature et favorisera le respect envers tous les éléments qui forment un écosystème.
Art. 72.La nature a le droit d’être remise en état. Cela sera indépendant de l’obligation qu’ont l’État et les personnes d’indemniser les individus et les collectifs qui dépendent des systèmes naturels affectés. Dans les cas graves ou permanents d’impacts environnementaux, incluant ceux qui le sont par l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables, l’État établira les mécanismes les plus efficaces pour atteindre la restauration de la nature et adoptera les mesures adéquates pour éliminer ou atténuer les conséquences environnementales nocives.
Art. 73. – L’État appliquera des mesures de précaution et de restriction aux activités qui peuvent conduire à l’extinction d’espèces, la destruction d’écosystèmes ou l’altération permanente des cycles naturels. Il est interdit d’introduire des organismes et de la matière organique et non organique qui peuvent altérer de façon définitive le patrimoine génétique national.
Art. 74. – Les personnes, communautés, villages et nationalités auront le droit de bénéficier de l’environnement et des richesses naturelles qui leur permettent de bien vivre. Les services environnementaux ne seront pas susceptibles d’appropriation; sa production, su prestacion, son utilisation et son exploitation seront régulées par l’État.
Environnement et société.  Juillet 2009.
Un geste innovateur posé par le gouvernement d’Équateur, qui refuse par ailleurs d´exploiter des gisements de pétrole en Amazonie en privilégiant les richesses naturelle aux richesses pécunières. Selon certains, le gouvernement actuel aurait compris la valeur de la nature et veut la préserver au maximum. Oui, un exemple à suivre!

Ceci dit, à l’heure où le plastique à usage unique est roi, il nous semble tout aussi important d’entreprendre une sensibilisation globale de la population vis-à-vis de la gestion des déchets. Afin de passer de la théorie à l´action il est nécessaire de faire passer le message à l’ensemble des habitants. Espérons que d’ici quelques années, les bords des routes et les cours d’eau seront libres de tout déchet!

  • En Équateur le vote est plus qu’un droit, c´est un devoir.

Saviez-vous qu’en Équateur, le citoyen qui n’accomplit pas son devoir est passible d’une amende?

C’est à notre grande surprise que nous avons fait cette découverte lors de notre passage à Quito, capitale du pays. Voici la solution que le gouvernement a trouvée pour pallier le manque d’implication politique de la population. Le citoyen qui omet de voter reçoit une amende et s’il continue à manquer à son devoir les amendes s’accumulent. De plus, il est plus que probable que pour s’inscrire à l’université ou encore pour obtenir un emploi, l’intéressé doive joindre à son dossier une attestation de vote.

Devoir de vote!

  • En Équateur, le gouvernement distribue régulièrement de la nourriture dans certains villages ainsi que dans certaines écoles.

Chaque semaine un camion apporte de la nourriture pour les goûters et les repas des enfants dans les écoles. Cette initiative démontre selon nous une implication réelle pour assurer le bien-être de sa population. De plus, dans une école de quartier de Vilcabamba, petit village au Sud du pays, nous avons aussi découvert que chaque jour deux mamans d’élèves viennent à l’école et cuisinent pour tous les enfants avec la nourriture offerte par le gouvernement. Une belle façon d’impliquer les parents dans la vie de l’école, tout en favorisant une nourriture saine préparée avec amour!

Inspirant n’est-ce pas?


A vous de partager!

De nombreux pays ont des initiatives très intéressantes et des solutions à certains problèmes auxquels l’Humanité entière fait face. Certains pays décident de créer une banque de graines non-OGM, d´autres misent sur la nature…  Nous vous invitons a partager vos connaissances en nous laissant un commentaire!





Un jour aux couleurs de cendres

18 02 2010

Lisa a souhaité partager avec vous cette petite histoire qu’elle a écrite, un soir, alors que nous étions avec les Guerriers de l’arc-en-ciel.

 

Un jour aux couleurs de cendres.

 

Lorsqu’elle s’éveilla au monde, elle eut l’impression de n’être pas encore née, tant tout autour d’elle était uniforme, d’un noir aussi profond qu’une nuit sans Lune. Plus possible de faire demi-tour, sous elle, elle sentait une force l’enraciner de plus en plus profondément dans la terre. En elle, irresistible, grandissait l’envie de s’élever toujours plus haut, vers quelque chose qui faisait vibrer chaque cellule de son corps. Impalpable, invisible et pourtant bel et bien là.

Elle se croyait seule, pas un signe de vie, pas un mouvement autour d’elle.

Pourtant, dans ce noir aussi profond qu’une nuit sans Lune,

Elle Était.

Dans ce noir aussi profond qu’une nuit sans Lune, elle était sa propre réalité, figée dans l’espace.

Parfois, elle se regardait, s’inspectant centimètre par centimètre. Elle sentait bien qu’elle était différente de ce néant qui l’entourait.

Après tout: elle était et elle pensait. Elle était car elle pensait.

………..

 

Un beau jour, ou peut-être une nuit, elle sentit soudain un malaise étrange l’envahir. Un goût amer se répandit dans tout son être. Pour la première fois, elle se sentit ridiculement petite, ridicule et petite. D’où ce sentiment provenait-il?

En baissant le regard, elle se rendit compte que là, sous elle et partout autour, des petites particules de cendres lui lançaient un regard noir, aussi noir qu’une nuit sans Lune.

Cette noirceur enveloppait tout.

Intimidée par ces innombrables petits êtres, elle s’informa sur les raisons de cette hostilité.

Toutes en coeur, les petites particules se mirent à l’insulter.

-“Tu n’es pas comme nous, tu n’as rien à faire ici! T’es-tu seulement regardée? Tu es BLEUE! Quel affront!”

La petite créature se fit plus petite encore, elle sentit son coeur se flétrir.

Tentant de retrouver son centre, elle leva les yeux et à sa plus grande surprise, un bleu intense avait chassé la noirceur.

Elle s’informa sur cette nouvelle réalité et c’est alors qu’elle découvrit l’existence du Ciel. Elle était sans aucun doute une petite particule de ce chef d’oeuvre. Mais comment avait-elle atterri ici? Pourquoi? Pourquoi n’était-elle pas restée là-haut? Pourquoi avait-il fallu qu’elle descende sur Terre? À cela, pas de réponse.

Autour d’elle, pas le moindre signe d’amitié, pas la moindre chaleur.

Autour d’elle, les railleries continuaient à fuser.

Emplie d’une profonde tristesse, d’un air résigné, la petite créature se baissa, prit une petite poignée de noirceur et s’en recouvrit, centimètre par centimètre, jusqu’à ce qu’elle soit entièrement peinte d’un noir aussi profond qu’une nuit sans Lune.

Elle versa une larme.

Le Ciel s’assombrit.

Alors seulement, l’hostilité retomba, aussi vite qu’elle était apparue. Elle était des leurs, sans éclat. Ironiquement, en devenant aussi sombre qu’une ombre, elle avait cessé de leur faire ombrage.

Elle devint aigrie, ni gaie, ni grise.

Elle avait cessé de croire, elle avait cessé de croître.

Elle resta ainsi longtemps, figée entre le sommeil et l’éveil, ne pouvant s’abandonner entièrement ni à l’un ni à l’autre.

………..

 

Un beau jour, ou peut-être une nuit, quelque chose changea.

À l’endroit précis où une larme avait un jour dispersé les cendres, un petite pointe de couleur avait fait son apparition. Un petit éclat d’un vert tendre qui grandissait et s’affirmait de jour en jour.

Le cycle des railleries recommença et une petite voix, éteinte et sans joie, s’était jointe aux autres.

Envers et contre tous, l’éclat devint plus fort, un cercle parfait d’un jaune étincelant se forma et répandit autour de lui des petites vagues violettes.

Dans l’immensité d’une mer de cendres, une fleur était née et luttait de toutes ses forces contre le vent d’insultes qui cherchait à la déraciner.

Le même scénario se produisit, un goût amer, un sentiment de solitude, une tristesse semblable à un gouffre.

Au moment où la petite fleur violette se baissa pour ramasser une poignée de noirceur, un éclair traversa l’obscurité. Une goutte d’eau s’abattit bruyamment sur le sol, puis une autre et encore une autre.

Le Ciel abreuvait la Terre de ses larmes d’impuissance

trop longtemps refoulées.

………..

 

Lorsque la tempête cessa, le Ciel bleu et le Soleil révélèrent un tableau bien différent.

Nettoyées par la pluie, des milliers de fleurs de toutes les couleurs répandaient autour d’elles leur partie d’arc-en-ciel. Elles se regardaient, ébahies de se découvrir si nombreuses, exposant chacun de leurs pétales au Soleil en qui depuis toujours elles avaient cru.

………..

 

Chaque larme avait eu sa raison d’être,

 

Il suffisait d’écouter son coeur,

Et, quoi qu’il arrive, d’afficher ses couleurs!

Courtesy of mortimer - mortimeriadas.com - all rights reserved.





In Lakesh

13 02 2010

In Lakesh est une expression maya qui signifie ‘Je suis un autre toi’ ou encore: ‘Je suis toi’. Ce salut maya vient nous rappeler que nous sommes les maillons d’une immense chaîne: l’Humanité. Bien que chaque individu ait une évolution qui lui soit propre, l’évolution de l’espèce toute entière peut dépendre de celle d’un petit groupe.

Que nous le voulions ou non, nous sommes connectés les uns aux autres, ne serait-ce que par le fait de vivre sur la même planète. Que nous en soyons conscients ou non, nos actions quotidiennes peuvent avoir des répercussions sur des humains qui vivent à des milliers de kilomètres de nous.

 

Le cercle

Il y a quelques jours, nous avons participé à une cérémonie de célébration de la pleine lune. Au programme, une séance de Kundalini yoga, une cérémonie de guérison par la thérapie Homa et une soirée autour du feu accompagnée de chants et de danses.

Lorsque la cérémonie de guérison s’est terminée, le professeur de yoga nous a invités à nous placer en cercle, genoux contre genoux, le dos droit et les yeux fermés. Il fallait être au moins onze participants, nous étions environ une quarantaine. L’exercice consistait à répéter un mantra pendant onze minutes dans une dynamique d’appel et de réponse.

Le professeur commençait en disant le mantra à haute voix, avec confiance. Tous en choeur, nous devions répondre, en le répétant. Le professeur cédait alors la parole à la personne à sa gauche, en disant à voix basse: “sat nam”. Celle-ci lançait à son tour l’appel auquel nous répondions. Et ainsi de suite. Le mantra devait circuler dans le cercle, d’humain en humain, avec fluidité, s’harmonisant au rythme du djembé. À cela, s’ajoutait une consigne importante concernant l’énonciation du mantra wahe guru, qui symbolise l’extase, le passage de l’obscurité à la lumière. La première partie wahe devait être prononcée assez rapidement, en un temps. La deuxième partie devait quant à elle mettre l’accent sur le guuuuu et dire rapidement ru, le tout en deux temps. Le professeur de yoga, qui dirigeait l’exercice, a fortement insisté sur l’importance de respecter cette consigne. Il importait aussi de rester bien concentré pour agir lorsque venait son tour.

Le mantra commence son parcours. Les yeux fermés, nous écoutons l’appel et nous y répondons. Il est intéressant de noter la différence dans l’énergie et la confiance avec lesquelles il est lancé par les différents participants. Nous nous rendons compte rapidement que l’une des participantes éprouve de la difficulté à prononcer correctement le mantra, mettant systématiquement l’emphase sur le wa et prononçant wahe en deux temps. Néanmoins, le reste du groupe répond correctement à l’appel.

 

Mais que s’est-il passé?

Le mantra a parcouru le cercle trois fois de suite, passant de l’un à l’autre de façon harmonieuse. Peu après l’appel de la participante mentionnée précédemment, une autre jeune femme a commis la même erreur d’énonciation. Cette fois, lorsque nous avons répondu à l’appel, nous ne l’avons pas fait d’une seule et même voix. Certains ont répondu à l’appel tel qu’ils l’ont entendu, d’autres ont continué à le répéter tel qu’il nous avait été enseigné. “Sat nam“. La personne suivante a lancé l’appel en reproduisant l’erreur. C’est ainsi qu’à notre grande surprise, c’est un mantra déformé qui a commencé à se répandre le long du cercle.

Nous étions déstabilisés. Que fallait-il faire? Répéter le mantra erroné en choeur avec le reste du groupe tout en sachant que nous nous trompions? Ne pas répondre à ces appels? S’entêter à répéter le mantra d’origine, en contrastant avec la réponse générale? Seule cette dernière option nous a paru satisfaisante, sachant que quelque part dans le cercle quelqu’un d’autre tentait sûrement de maintenir l’axe. Le mantra continuait malgré tout à passer de participant en participant et à s’imposer de plus en plus au sein du groupe. À chaque nouvel appel, nous nous posions la question: cette personne allait-elle prendre l’initiative de rectifier la situation? Le mantra erroné a parcouru plus de la moitié du cercle avant que ce ne soit notre tour. Dans ce contexte, le simple fait de se rappeler du mantra enseigné demandait un effort supplémentaire. Nous étions assis côte à côte, et nous avons tous les deux prononcé le mantra d’origine. L’ensemble du groupe y a répondu correctement. “Sat nam“. La personne suivante est par contre revenue à la version erronée du mantra, à nouveau suivie par le groupe. Enfin, juste avant que les onze minutes ne se soient écoulées, un jeune homme a lancé haut et fort un appel qui sonnait enfin juste. Quelques participants plus tard, l’exercice s’est terminé, le mantra d’origine avait été rétabli juste à temps.

Tout le monde le fait... mais! - Mortimer - mortimeriadas.com - Tous droits réservés

 

“Parallèlôdrame”

Dans une certaine mesure, nous avons trouvé cette scène fort symbolique. En effet, nous avons fait un parallèle entre ce que l’on pourrait nommer le “phénomène du cercle” et la logique sociale dominante de nos jours.

Serait-ce possible que nous reproduisions inconsciemment les erreurs de nos voisins? Nous arrive-t-il de justifier nos actions, alors que nous savons à l’intérieur de nous qu’elle ne sont pas justes?

Comme nous l’avons mentionné, nous avons remarqué que nous nous sentions en harmonie avec le groupe lorsque nous prononcions le mantra tous ensemble, qu’il soit déformé ou non. Serait-ce la volonté de préserver cette harmonie qui nous pousse à fermer les yeux tout en se disant “après tout, tout le monde le fait”?

À la lumière de tout cela, il semble très important d’être conscients de l’impact de notre sphère d’influence (famille, cercle d’amis, collègues de travail)” sur nos pratiques quotidiennes. Voilà une nouvelle façon de voir le proverbe populaire: “Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es”.

Bien souvent, lorsqu’un individu tente d’agir autrement, même sans l’affirmer ouvertement, il remet en question le système établi. Il sera parfois qualifié de rabat-joie, de rebelle, voire d’extrêmiste. Ne serait-ce pas un peu à l’image de cette voix qui s’élève pour rappeler le mantra d’origine? De cette voix qui nage à contre-courant?

 

Que pouvons-nous tirer de cette expérience?

Plus que des affirmations, cette expérience a soulevé en nous de nombreuses questions. Vos commentaires, plus que bienvenus, nous semblent nécessaires pour tirer profit de cet épisode.

  • Le parallèle que nous avons fait entre cette expérience de groupe et le fonctionnement général de la société vous paraît-t-il censé?
  • Comment aurions-nous pu éviter que l’erreur d’une seule personne se répande à l’ensemble du groupe?
  • Comment différencier ce qui nous est propre, notre vérité intérieure, de l’influence extérieure qui tente de s’imposer à nous?
  • Quelle serait la meilleure façon de mettre consciemment à profit le “phénomène du cercle”?
  • Que pensez-vous de la citation suivante?

L’homme raisonnable s’adapte au monde, l’homme déraisonnable s’obstine à essayer d’adapter le monde à lui-même. Tout progrès dépend donc de l’homme déraisonnable.” – George Bernard Shaw

 

Merci pour vos commentaires!





Off we go! / C’est parti!

19 01 2010

As of today we will be volunteering in a biodynamic permacultural farm in Colombia called ‘Gabeno’, not far from Tenjo. In a nutshell, biodynamic agriculture considers a farm as a living organism. It puts a strong emphasis in the conservation of the quality of the soil. The key is to seek a balance between all forces acting on growth and development: soil, sun, water, nutrients and more subtle factors such as the influence of the cosmos. Described as “homeopathy for agriculture”, we are very excited about learning its principles and sharing our discoveries with you!


Even though we won’t have lots of time to spend online, updating the blog is one of our priorities. Please leave us a comment (or two) and we will get back to you when possible.

Also, if you share our interests in alternative ways of living and earth-conscious techniques remember to subscribe so you get notified of further posts.

Thanks for reading, thanks for being, thank you for believing!

Write to you soon,

lisa and juan : )

 

Take it further!

To learn more about biodynamic agriculture go to: http://www.biodynamics.com/biodynamics.html  

To learn about Rudolf Steiner, considered as the father of anthroposophy and biodynamics go to: http://www.rudolfsteinerweb.com/

 

——————————

A partir d’aujourd’hui nous allons séjourner à ‘Gabeno’, une ferme en Colombie près de Tenjo qui travaille la permaculture avec une approche biodynamique. Pour la biodynamique, la ferme est un organisme vivant et son principe de base est de préserver, voire améliorer, la qualité des sols. Pour ce faire, il est essentiel de maintenir une harmonie entre toutes les forces qui agissent sur la croissance et le développement des êtres vivants, y compris les plantes. Nous considérons comme forces la terre, le soleil, l’eau, les nutriments, ainsi que des facteurs plus subtils tel que l’influence des astres. Décrite comme “l’homéopathie de l’agriculture”, la biodynamique nous intéresse énormément et nous sommes très heureux d’apprendre ses principes et de les partager avec vous.

Bien que nous ayons peu de temps pour être en ligne, une de nos priorités est la mise à jour de ce blog, notre fenêtre virtuelle sur le monde. Veuillez nous faire part de vos commentaires auxquels nous répondrons avec plaisir dès que possible.

Par ailleurs, si vous partagez nos intérêts, abonnez-vous pour recevoir des courriels lorsqu’un nouvel article sera publié.

Merci de nous lire, merci d’être, merci d’y croire!

A bientôt,

lisa et juan : )

 

Allez plus loin!

Pour apprendre plus sur l’agriculture biodynamique visiter : www.bio-dynamie.org/presentaion-agriculture-biodynamique/definition-agri-biodynamique.htm

Pour apprendre plus sur Rudolf Steiner, considéré le père de l’anthroposophie et de l’agriculture biodynamique vister : http://www.ecolesteiner.free.fr/bio.html





Colombie : premières impressions

8 12 2009

Un proverbe dit que l’herbe est souvent plus verte chez le voisin. Peut-être. Pour Lisa, une chose est sûre : l’herbe est plus verte en Colombie! Ou plus exactement, tout est plus vert en Colombie! 

Nous avons quitté le Sud de la France et le Nord de l’Espagne, nous avons laissé derrière nous le climat mediterrannéen et plusieurs, plusieurs, plusieurs heures plus tard, nous voilà à Bogota! Altitude: 2600 mètres. Un bagage en moins, resté quelque part entre Barcelone et Paris, nous sommes accueillis chaleureusement par le père de Juan, sa femme Margarita et leur petite fille Daniela, alias hermanita.

De Bogota, nous n’avons vu que la sortie de l’aéroport, avant de nous diriger vers Cota, un petit village près de la capitale. Par la vitre de la voiture, nous observons les gens qui s’agitent.  Première impression : tout semble plus brouillon, moins ordonné, plus vivant. Un très bel exemple de chaos organisé. Des bruits de klaxons, des gens qui vendent toutes sortes de fruits que Lisa ne saurait pas encore nommer, un cheval qui tire une charrette pleine de coriandre, des enfants qui jouent dans la rue, de la musique qui s’échappe des postes de radio, des vaches sur le bord des routes, des poules dans les jardins, des chiens partout dans les rues. Tout un tableau.

La première semaine, nous la passons à Cota. Nous faisons connaissance avec cette famille que Juan n’a pas vue depuis 3 ans.  Pendant la fin de semaine, nous allons à Chia, une ville voisine, pour faire quelques courses. En chemin, nous saluons les hommes qui, postés sur le bord de la route, agitent frénétiquement leurs drapeaux rouges pour attirer les clients dans leur restaurant. 

Une fois à Chia, Lisa découvre alors le plus beau marché de fruits et de légumes qu’elle ait jamais vu.

Des rangées et des rangées de fruits et de légumes de toutes les couleurs.  Granadillas, guanabana, pitalla, curuba, feijoa, tomate de arbol, mangostino, vous connaissez? Un émerveillement garanti pour des papilles gustatives étrangères à tout cela! Ajoutons ananas, mangues de toutes les tailles, papayes, guayaves, oranges, bananes, plantains, mmm. Autant de fruits qui, ici, n’ont rien d’exotique. Sans oublier le manioc (yuca), une délicieuse alternative à la traditionnelle pomme de terre.

Nous sommes donc deux végétaliens satisfaits, même si certains aliments ainsi que les classiques laits végétaux sont très difficiles à trouver ici (ce qui est en soi assez compréhensible dans un pays où les vaches font tellement partie du paysage).

C’est principalement à vélo que l’on découvre peu à peu les alentours: des champs plus verts que verts, des vaches, des fermes, des petits magasins, une route sur laquelle on a intérêt à bien garder la droite si l’on veut rester en vie, une vue sur les montagnes, des superbes couchers de soleil. Il faut malgré tout rester bien attentif et anticiper les nombreux dos d’ânes. Anecdote: comment appelle-t-on un dos d’âne en Colombie…? Policía acostado, ce qui signifie policier allongé 🙂 Lisa dit avoir l’impression que sa vue a changé qu’on lui a enlevé plusieurs filtres pour lui permettre de distinguer plus clairement ce qui nous entoure. Les couleurs sont tellement intenses, vibrantes! Elle est constamment en train de s’émerveiller devant la végétation qu’elle découvre ici. Il faut voir la taille des feuilles! Pour Juan, rien de plus normal, c’est ailleurs que les couleurs semblent plus ternes.

Un beau jour, nous quittons Cota pour visiter un peu Bogota. Nous y rejoignons Kathy, une amie d’enfance de Lisa, qui est là pour quelques jours. Nous prenons notre courage à deux mains pour affronter la ville. Il faut dire que depuis notre aventure avec les guerriers de l’arc-en-ciel, les (bien que brefs) séjours en ville nous demandent beaucoup d’énergie. Nous voilà donc sur le bord de la route, tentant de lire les destinations des autobus. Ici, les arrêts d’autobus sont inexistants, les futurs passagers font un signe de la main au chauffeur et se dépêchent de monter pendant les quelques secondes qui leur sont accordées. Pendant le trajet, Lisa évite de parler. En effet, elle a l’avantage de pouvoir passer pour une Colombienne si elle ne laisse pas son accent la trahir, ce qui est toujours mieux pour éviter une soudaine hausse des prix. Nous descendons et prenons un autre autobus pour nous déplacer dans Bogota. En attendant Kathy, nous observons à loisir ce qui nous entoure. Nous sommes dans un quartier assez jeune, la Candelaria. Des gens de tous les styles vestimentaires se promènent dans les rues, comme dans n’importe quelle ville que nous ayons vue jusqu’ici. Par contre, Bogota est certainement celle dans laquelle il est le plus facile de téléphoner. Un peu partout, des gens sont postés, plusieurs téléphones cellulaires attachés au bout d’une corde, ainsi qu’un petit panneau indiquant le coût de l’appel (200 pesos). Des cabines téléphoniques humaines. Il fallait y penser!  Nous nous amusons à imaginer comment tout cela a commencé, la première personne qui a eu l’idée de génie et les nombreuses autres qui l’ont imitée dans l’heure qui suivait…

Nous nous promenons dans les rues, dégustons un jus de fruits délicieux dans un petit café où les écrans plats contrastent avec les peintures indigènes. Nous finissons la soirée en écoutant un concert dans la rue. Les policiers sont au rendez-vous, il faut dire qu’ils sont partout, ils sont encore plus nombreux que les hommes téléphones, dans les villes comme à la campagne. Il n’est pas rare de voir des postes de contrôle et des barrages militaires. Mesures mises en place par le gouvernement pour sécuriser le pays. À quel prix? Certains diront celui de la liberté. Mais, pour éviter de nous perdre dans une discussion politique, revenons au concert. La musique est rythmée, engagée, il s’agit d’une chanson en espagnol qui s’oppose à l’influence des États-Unis et de cette culture qui tente de s’imposer comme étant supérieure à toutes les autres. Le chanteur répète en boucle ”U.S.A. te usa como una cualquiera” et invite les Colombiens à s’affirmer, à ne pas se laisser utiliser. Il est vrai que la Colombie est extrêmement riche en ressources de toutes sortes et que les États-Unis y effectuent un pillage dans les règles de l’art moderne. La foule s’agite, s’enflamme, une légère brise de révolution souffle. Puis, la chanson se termine, le chanteur annonce la dernière de la soirée et entonne la très connue ”Hit the road Jack”. La foule est satisfaite et se met à danser en entonnant les paroles que chacun connait par coeur, les uns rajustant leur veste Nike, les autres rattachant les lacets de leurs chaussures Addidas (cette description se veut caricaturale mais n’est pas si éloignée de la réalité)… Juan n’en revient pas. Personne ne semble remarquer l’ironie de la scène. La chanson se termine, nous disons au revoir et rentrons nous coucher.

Par la suite, les journées en ville restent très peu nombreuses.  Nous profitons de l´une d´elles pour visiter le Musée de l´or. Nous y découvrons une collection impressionnante d´objets qui furent un jour fabriqués et utilisés par les civilisations précolombiennes de la cordillère des Andes. Ce qui s´offre à nos yeux admiratifs ne représente qu´un infime pourcentage de tout ce qui s´est un jour trouvé sur ces terres. Le reste se trouve aujourd´hui certainement dans les coffres-forts des banques européennes. A travers cette exposition, nous ne pouvons qu´entrevoir légèrement et avec un profond respect le quotidien de ces peuples indigènes qui vivaient en harmonie avec  la Terre Mère.

Un – Uni – Unité





“Marche ton rêve”, tisser une tribu au fil des jours…

1 12 2009

Il y a quelques jours, nous avons publié un article à propos de “Marche ton rêve”, une marche solidaire de neuf semaines à laquelle nous avons participé. Le défi : tisser au fil des jours une tribu colorée qui marche et oeuvre d’éco-lieu en éco-lieu. A travers ce texte poétique, Lisa a voulu partager les valeurs à la base de cette expérience. Bonne marche!

Marche ton rêve

Chacun est invité à se libérer de son quotidien, de ses préjugés, de ses habitudes,
Des objets qui l’empêchent de marcher librement.
Chacun est invité à prendre conscience des vibrations qu’il émet.
Chacun est invité à choisir sa couleur et à l’exprimer.
Chacun est invité à se rappeler que tout est possible, que tous les rêves sont permis,
Que chaque seconde peut être l’opportunité que l’on attendait pour concrétiser
L’utopie.

Tous ensemble, nous sommes l’arc-en-ciel.

Marcher pour revenir à un rythme de vie plus humain.
Marcher pour se libérer des illusions qui peuplent notre quotidien.
Marcher pour se libérer du matériel qui nous encombre et nous retient.
Marcher pour savourer les fruits que nous offre le chemin.
Marcher pour se libérer des préoccupations superficielles qui occultent l’essentiel.
Marcher pour inventer une réalité qui nous fait vibrer.
Marcher pour s’offrir pleinement aux synchronicités.
Marcher pour réapprendre à apprécier l’effort.
Marcher pour vivre pleinement l’instant présent.
Marcher pour affronter ses peurs.
Marcher pour se livrer aux éléments.
Marcher pour que notre rêve se précise.

Par nous-mêmes.

Marcher.
Un pas après l’autre.
Écouter le va-et-vient des pensées qui se nettoient.
Marcher pour réapprendre à penser,

Par soi-même.

Une aventure humaine authentique.
Les masques, s’il y en a, tombent vite.
Chacun se retrouve face à lui-même, sans artifices.
Face à ses forces. Face à ses failles.

Sur la marche, l’Autre est le seul miroir disponible.
L’Autre met en lumière nos qualités et nos défauts.
Saurons-nous maîtriser égo?

Vivre en tribu, réapprendre à partager,
Réapprendre à donner sans compter,
Faire de son mieux à chaque instant.
Vivre ensemble,
Pour que les moments difficiles deviennent magiques.

Vivre.

Redécouvrir la magie de la vie.
Redécouvrir l’harmonie.
Mettre nos émotions en musique.

L’art de vivre.

Marcher dans la forêt.
Retrouver le sens du mot sacré
Pour commencer à respecter,
Avec gratitude et humilité,
Cette planète sur laquelle nous nous sommes incarnés.

Marcher pour réapprendre à croire.
Marcher pour réapprendre à créer.

“Merci frères et soeurs de couleurs.”

Image tirée de Blables Proyecto Evolutivo