Vilcabamba, el valle sagrado

25 03 2010

Nous avons visité Vilcabamba, un village situé au Sud de l’Équateur au creux d’une vallée que l’on surnomme “la vallée sacrée” ou Wilco Pamba dans le langage de ses fondateurs indigènes. Nous avons admiré les richesses naturelles offertes par cet endroit magnifique et nous avons profité de notre passage pour cerner les dynamiques fort intéressantes qui existent entre les habitants de ce village dit paradisiaque.


A première vue

Toute la région est connue pour ses eaux pures et limpides très riches en minéraux et son climat de rêve, qui offre toute l’année une température “idéale” restant toujours autour de 25°C. Quant à l’alternance entre la pluie et le beau temps, elle permet de maintenir toute l’année une végétation luxuriante. La vallée est aussi surnommée “la vallée de la longévité”, car les centenaires y sont très nombreux et relatent avec plaisir la vie paisible et saine qu’ils y ont vécue. De nombreuses randonnées, à pied ou à cheval, sont possibles pour s’immerger dans les magnifiques paysages de Vilcabamba et atteindre les sommets des montagnes environnantes.


Qui dit mieux? Adjugé! Vendu!

C’est pour toutes ces raisons que Vilcabamba est un village en pleine croissance qui attire chaque année un plus grand nombre de touristes. Le bouche à oreilles s’est révélé très efficace et Vilcabamba possède maintenant son propre site Internet, en anglais, naturellement!

Ce petit village est joliment décoré et bien entretenu. En découvrant la place principale, le nouvel arrivant sera certainement impressionné par le choix de restaurants, de cafés Internet et d’agences immobilières qui sont mises à sa disposition. Il n’y a pas moins de quatre agences immobilières qui se font concurrence et offrent tout un choix de cabanes, de maisons et de terrains, à ceux qui auront les moyens d’en devenir les propriétaires. En effet, les prix sont à la hausse, car ce petit coin de paradis est de plus en plus courtisé par les investisseurs étrangers. Cette hausse des prix ne se limite d’ailleurs pas à l’achat d’une propriété. Le voyageur qui, en parcourant le pays, avait l’habitude de manger pour 2 ou 3 dollars sera certainement surpris de retrouver des prix dignes d’une ville d’Amérique du Nord. Les restaurants offrent des plats délicieux et variés, des options végétariennes et des plats exotiques qui n’ont rien en commun avec la cuisine locale. Difficile de trouver un plat à moins de 8$.

Anecdote linguistique: À Vilcabamba, il est désormais courant d’utiliser le mot lunch au lieu de almuerzo, comme le veut la langue espagnole.


Welcome to Vilcabamba!

C’est en anglais que nous avons en effet été accueillis dans ce petit village d’Équateur. Dès notre arrivée, nous avons fait la connaissance d’un couple d’Américains, propriétaires d’un restaurant sur la place principale. Un beau projet de ferme biologique en parallèle avec le projet de restaurant offrant de la nourriture saine, à un prix élevé, il faut l’avouer. Pendant la durée de notre séjour à Vilcabamba, ce restaurant s’est révélé être un lieu de rencontre privilégié pour les étrangers, principalement des Américains. Étonnant de se retrouver dans ce petit village d’Équateur, complètement entourés de gens qui parlent anglais. Certains sont de passage, d’autres se sont installés à Vilcabamba, tous ont plaisir à passer du temps ensemble dans un environnement qui leur rappelle leur pays d’origine.

Des habitants de Vilcabamba nous ont raconté qu’un Américain avait acheté plusieurs hectares de terre qu’il avait découpé en parcelles avant de les revendre à un prix exhorbitant. L’ensemble du terrain a été cloturé et muni d’un système de sécurité avec gardien, refermant le lieu sur lui-même. C’est ainsi que plusieurs immigrants en provenance des États-Unis vivent en Équateur comme s’ils étaient encore dans leur pays d’origine, tout en tirant profit des nombreux avantages que la région leur offre. Selon les témoignages que nous avons eus, ils ne font pas le moindre effort pour apprendre à parler espagnol et ne démontrent aucun intérêt à établir un contact avec la population locale. Ils vivent entre eux, dans leur langue et selon leurs traditions. Cela a créé certaines tensions avec la population locale qui voit d’un mauvais oeil les “gringos” s’approprier des terres de cette façon.

Fait assez intéressant, à Vilcabamba, la prophétie de 2012 est un sujet qui revient fréquemment dans les conversations. En effet, plusieurs des nouveaux propriétaires américains ont décidé de venir se réfugier dans la vallée sacrée pour échapper à la fin du monde, aux catastrophes naturelles et à la famine.


Un nouveau souffle

Certains étrangers qui sont venus s’installer à Vilcabamba l’ont fait avec une attitude totalement différente, plus positive, plus humble, plus humaine tout simplement. Nous avons eu la chance de rencontrer une famille qui vit dans la région depuis deux ans. Il s’agit d’un couple originaire de Suisse qui vit à Vilcabamba avec ses trois enfants. Leur volonté de s’intégrer à leur nouvel environnement est très forte. Une nature luxuriante Tous parlent espagnol. Même le petit dernier fait la différence entre la langue parlée à la maison et celle utilisée à l’extérieur. Les enfants sont très heureux d’aller à l’école du quartier et de pouvoir jouer avec leurs nouveaux amis. Les parents sont eux aussi très impliqués dans le développement éducatif, culturel et social du quartier. De plus, ils jettent un regard nouveau sur le monde qui les entoure et cela contribue au développement de la région. Cela se fait principalement sentir pour ce qui concerne la gestion des déchets et la protection de l’environnement. Ces nouveaux arrivants amènent donc un nouveau souffle, un nouveau regard et parfois de nouvelles solutions à certaines problématiques spécifiques à la région. Au lieu de se contenter de craindre la fin du monde, ils contribuent à la création d’un monde meilleur. Bravo!

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Ecuad’or

15 03 2010

Après la Colombie, nous avons passé un mois et demi en Équateur, un petit pays aux richesses très variées. En effet, nous avons profité de la nature tropicale allant du désert à la jungle. Nous avons aussi été témoins du sourire éclatant de ses habitants, ainsi que d´une identité culturelle ancestrale qui survit aux heures de la plus forte homogénéisation. Ce fut un voyage très enrichissant qui a soulevé de nombreuses questions, notamment d´ordre social. Nous voulons partager avec vous nos impressions ainsi que des réflexions concernant certaines politiques gouvernementales.


Équateur: culture et traditions

Dès notre arrivée dans le pays, nous avons remarqué une omniprésence des vêtements traditionnels indigènes. Toute une parade de couleurs, formes et traditions. En Équateur, ces habits ont survécu à l’arrivée des jeans et autres modes provenant de l’extérieur. Ces habits sont portés au quotidien par une grande partie de la population locale et pas seulement par quelques individus cherchant à satisfaire le besoin de dépaysement des touristes de passage.

Habits traditionnels

Cependant, l’Équateur n’est pas imperméable à la vague de consommation qui parcourt notre planète. Ainsi, nous avons pu assister à certaines scènes offrant à nos yeux des contrastes frappants. Nous avons pris cette photo à Quito alors nous marchions derrière un couple vêtu selon les traditions locales. L’homme et la femme transportent un écran plat ainsi qu’une parabole de télé par satellite.

Écrant plat dernier modèle!

C’est avec surprise que nous nous sommes rendu compte qu’une partie de la population indigène d’Équateur ne parle pas espagnol. Au cours de notre passage à Otavalo, nous n’avons pas réussi à communiquer avec une dame qui vendait ses produits essentiellement aux étrangers. Elle ne parlait que le quechua, la langue laissée par les rois Incas. S’agit-il d’une façon de préserver sa culture? Probablement.

Fait intéressant: Un ami équatorien rencontré à Quito nous a fait remarquer que mise à part une légère ressemblance physionomique de ces peuples avec les habitants de l’Asie de l’Est, la phonétique de cette langue est très proche de celle du japonais.

D’autre part, en Équateur, la religion nous a semblé très présente. Comme la tradition le veut, chaque village possède son église. Souvent, les commerces, les maisons et les transports collectifs se placent sous la protection de l’Enfant Jésus, représentation populaire de la Divinité en Amérique Latine. Il n’est pas rare de lire sur une affiche devant son siège Divino Niño Jesus guia mi camino, ce qui signifie “Divin Enfant Jésus guide mon chemin”.


Un exemple à suivre?

Voici quelques faits remarquables du gouvernement équatorien.

  • L’Équateur a été le premier pays à reconnaître dans sa Constitution que la nature a des droits inaliénables. Voir l’extrait ci-dessous (page 52):
Capítulo séptimo
Derechos de la naturaleza
Art. 71.– La naturaleza o Pacha Mama, donde se reproduce y realiza la vida, tiene derecho a que se respete integralmente su existencia y el mantenimiento y regeneración de sus ciclos vitales, estructura, funciones y procesos evolutivos. Toda persona, comunidad, pueblo o nacionalidad podrá exigir a la autoridad pública el cumplimiento de los derechos de la naturaleza. Para aplicar e interpretar estos derechos se observaran los principios establecidos en la Constitución, en lo que proceda. El Estado incentivará a las personas naturales y jurídicas, y a los colectivos, para que protejan la naturaleza, y promoverá el respeto a todos los elementos que forman un ecosistema.
Art. 72.– La naturaleza tiene derecho a la restauración. Esta restauración será independiente de la obligación que tienen el Estado y las personas naturales o jurídicas de Indemnizar a los individuos y colectivos que dependan de los sistemas naturales afectados. En los casos de impacto ambiental grave o permanente, incluidos los por la explotación de los recursos naturales no renovables, el Estado establecerá los mecanismos más eficaces para alcanzar la restauración, y adoptará las medidas adecuadas para eliminar o mitigar las consecuencias ambientales nocivas.
Art. 73.– EI Estado aplicará medidas de precaución y restricción para las actividades que puedan conducir a la extinción de especies, la destrucción de ecosistemas o la alteración permanente de los ciclos naturales. Se prohíbe la introducción de organismos y material orgánico e inorgánico que puedan alterar de manera definitiva el patrimonio genético nacional.
Art. 74.– Las personas, comunidades, pueblos y nacionalidades tendrán derecho a beneficiarse del ambiente y de las riquezas naturales que les permitan el buen vivir. Los servicios ambientales no serán susceptibles de apropiación; su producción, prestación, uso y aprovechamiento serán regulados por el Estado.
Ambiente y Sociedad. Julio de 2009
Pour vous donner une idée du contenu de ce texte, voici une traduction libre:
Chapitre 7
Droits de la nature
Art. 71. – La nature ou Pacha Mama, où se reproduit et se réalise la vie, a le droit à ce que soient respectées intégralement son existence, la conservation et la régénération de ses cycles vitaux, de sa structure, de ses fonctions et de ses processus d’évolution. Toute personne, communauté, village ou nationalité pourra exiger à l’autorité publique le respect des droits de la nature. Pour appliquer et interpréter ces droits, les principes établis dans la Constitution seront respectés. L’État stimulera les personnes ainsi que les collectifs afin qu’ils protègent la nature et favorisera le respect envers tous les éléments qui forment un écosystème.
Art. 72.La nature a le droit d’être remise en état. Cela sera indépendant de l’obligation qu’ont l’État et les personnes d’indemniser les individus et les collectifs qui dépendent des systèmes naturels affectés. Dans les cas graves ou permanents d’impacts environnementaux, incluant ceux qui le sont par l’exploitation des ressources naturelles non renouvelables, l’État établira les mécanismes les plus efficaces pour atteindre la restauration de la nature et adoptera les mesures adéquates pour éliminer ou atténuer les conséquences environnementales nocives.
Art. 73. – L’État appliquera des mesures de précaution et de restriction aux activités qui peuvent conduire à l’extinction d’espèces, la destruction d’écosystèmes ou l’altération permanente des cycles naturels. Il est interdit d’introduire des organismes et de la matière organique et non organique qui peuvent altérer de façon définitive le patrimoine génétique national.
Art. 74. – Les personnes, communautés, villages et nationalités auront le droit de bénéficier de l’environnement et des richesses naturelles qui leur permettent de bien vivre. Les services environnementaux ne seront pas susceptibles d’appropriation; sa production, su prestacion, son utilisation et son exploitation seront régulées par l’État.
Environnement et société.  Juillet 2009.
Un geste innovateur posé par le gouvernement d’Équateur, qui refuse par ailleurs d´exploiter des gisements de pétrole en Amazonie en privilégiant les richesses naturelle aux richesses pécunières. Selon certains, le gouvernement actuel aurait compris la valeur de la nature et veut la préserver au maximum. Oui, un exemple à suivre!

Ceci dit, à l’heure où le plastique à usage unique est roi, il nous semble tout aussi important d’entreprendre une sensibilisation globale de la population vis-à-vis de la gestion des déchets. Afin de passer de la théorie à l´action il est nécessaire de faire passer le message à l’ensemble des habitants. Espérons que d’ici quelques années, les bords des routes et les cours d’eau seront libres de tout déchet!

  • En Équateur le vote est plus qu’un droit, c´est un devoir.

Saviez-vous qu’en Équateur, le citoyen qui n’accomplit pas son devoir est passible d’une amende?

C’est à notre grande surprise que nous avons fait cette découverte lors de notre passage à Quito, capitale du pays. Voici la solution que le gouvernement a trouvée pour pallier le manque d’implication politique de la population. Le citoyen qui omet de voter reçoit une amende et s’il continue à manquer à son devoir les amendes s’accumulent. De plus, il est plus que probable que pour s’inscrire à l’université ou encore pour obtenir un emploi, l’intéressé doive joindre à son dossier une attestation de vote.

Devoir de vote!

  • En Équateur, le gouvernement distribue régulièrement de la nourriture dans certains villages ainsi que dans certaines écoles.

Chaque semaine un camion apporte de la nourriture pour les goûters et les repas des enfants dans les écoles. Cette initiative démontre selon nous une implication réelle pour assurer le bien-être de sa population. De plus, dans une école de quartier de Vilcabamba, petit village au Sud du pays, nous avons aussi découvert que chaque jour deux mamans d’élèves viennent à l’école et cuisinent pour tous les enfants avec la nourriture offerte par le gouvernement. Une belle façon d’impliquer les parents dans la vie de l’école, tout en favorisant une nourriture saine préparée avec amour!

Inspirant n’est-ce pas?


A vous de partager!

De nombreux pays ont des initiatives très intéressantes et des solutions à certains problèmes auxquels l’Humanité entière fait face. Certains pays décident de créer une banque de graines non-OGM, d´autres misent sur la nature…  Nous vous invitons a partager vos connaissances en nous laissant un commentaire!