Colombie : premières impressions

8 12 2009

Un proverbe dit que l’herbe est souvent plus verte chez le voisin. Peut-être. Pour Lisa, une chose est sûre : l’herbe est plus verte en Colombie! Ou plus exactement, tout est plus vert en Colombie! 

Nous avons quitté le Sud de la France et le Nord de l’Espagne, nous avons laissé derrière nous le climat mediterrannéen et plusieurs, plusieurs, plusieurs heures plus tard, nous voilà à Bogota! Altitude: 2600 mètres. Un bagage en moins, resté quelque part entre Barcelone et Paris, nous sommes accueillis chaleureusement par le père de Juan, sa femme Margarita et leur petite fille Daniela, alias hermanita.

De Bogota, nous n’avons vu que la sortie de l’aéroport, avant de nous diriger vers Cota, un petit village près de la capitale. Par la vitre de la voiture, nous observons les gens qui s’agitent.  Première impression : tout semble plus brouillon, moins ordonné, plus vivant. Un très bel exemple de chaos organisé. Des bruits de klaxons, des gens qui vendent toutes sortes de fruits que Lisa ne saurait pas encore nommer, un cheval qui tire une charrette pleine de coriandre, des enfants qui jouent dans la rue, de la musique qui s’échappe des postes de radio, des vaches sur le bord des routes, des poules dans les jardins, des chiens partout dans les rues. Tout un tableau.

La première semaine, nous la passons à Cota. Nous faisons connaissance avec cette famille que Juan n’a pas vue depuis 3 ans.  Pendant la fin de semaine, nous allons à Chia, une ville voisine, pour faire quelques courses. En chemin, nous saluons les hommes qui, postés sur le bord de la route, agitent frénétiquement leurs drapeaux rouges pour attirer les clients dans leur restaurant. 

Une fois à Chia, Lisa découvre alors le plus beau marché de fruits et de légumes qu’elle ait jamais vu.

Des rangées et des rangées de fruits et de légumes de toutes les couleurs.  Granadillas, guanabana, pitalla, curuba, feijoa, tomate de arbol, mangostino, vous connaissez? Un émerveillement garanti pour des papilles gustatives étrangères à tout cela! Ajoutons ananas, mangues de toutes les tailles, papayes, guayaves, oranges, bananes, plantains, mmm. Autant de fruits qui, ici, n’ont rien d’exotique. Sans oublier le manioc (yuca), une délicieuse alternative à la traditionnelle pomme de terre.

Nous sommes donc deux végétaliens satisfaits, même si certains aliments ainsi que les classiques laits végétaux sont très difficiles à trouver ici (ce qui est en soi assez compréhensible dans un pays où les vaches font tellement partie du paysage).

C’est principalement à vélo que l’on découvre peu à peu les alentours: des champs plus verts que verts, des vaches, des fermes, des petits magasins, une route sur laquelle on a intérêt à bien garder la droite si l’on veut rester en vie, une vue sur les montagnes, des superbes couchers de soleil. Il faut malgré tout rester bien attentif et anticiper les nombreux dos d’ânes. Anecdote: comment appelle-t-on un dos d’âne en Colombie…? Policía acostado, ce qui signifie policier allongé 🙂 Lisa dit avoir l’impression que sa vue a changé qu’on lui a enlevé plusieurs filtres pour lui permettre de distinguer plus clairement ce qui nous entoure. Les couleurs sont tellement intenses, vibrantes! Elle est constamment en train de s’émerveiller devant la végétation qu’elle découvre ici. Il faut voir la taille des feuilles! Pour Juan, rien de plus normal, c’est ailleurs que les couleurs semblent plus ternes.

Un beau jour, nous quittons Cota pour visiter un peu Bogota. Nous y rejoignons Kathy, une amie d’enfance de Lisa, qui est là pour quelques jours. Nous prenons notre courage à deux mains pour affronter la ville. Il faut dire que depuis notre aventure avec les guerriers de l’arc-en-ciel, les (bien que brefs) séjours en ville nous demandent beaucoup d’énergie. Nous voilà donc sur le bord de la route, tentant de lire les destinations des autobus. Ici, les arrêts d’autobus sont inexistants, les futurs passagers font un signe de la main au chauffeur et se dépêchent de monter pendant les quelques secondes qui leur sont accordées. Pendant le trajet, Lisa évite de parler. En effet, elle a l’avantage de pouvoir passer pour une Colombienne si elle ne laisse pas son accent la trahir, ce qui est toujours mieux pour éviter une soudaine hausse des prix. Nous descendons et prenons un autre autobus pour nous déplacer dans Bogota. En attendant Kathy, nous observons à loisir ce qui nous entoure. Nous sommes dans un quartier assez jeune, la Candelaria. Des gens de tous les styles vestimentaires se promènent dans les rues, comme dans n’importe quelle ville que nous ayons vue jusqu’ici. Par contre, Bogota est certainement celle dans laquelle il est le plus facile de téléphoner. Un peu partout, des gens sont postés, plusieurs téléphones cellulaires attachés au bout d’une corde, ainsi qu’un petit panneau indiquant le coût de l’appel (200 pesos). Des cabines téléphoniques humaines. Il fallait y penser!  Nous nous amusons à imaginer comment tout cela a commencé, la première personne qui a eu l’idée de génie et les nombreuses autres qui l’ont imitée dans l’heure qui suivait…

Nous nous promenons dans les rues, dégustons un jus de fruits délicieux dans un petit café où les écrans plats contrastent avec les peintures indigènes. Nous finissons la soirée en écoutant un concert dans la rue. Les policiers sont au rendez-vous, il faut dire qu’ils sont partout, ils sont encore plus nombreux que les hommes téléphones, dans les villes comme à la campagne. Il n’est pas rare de voir des postes de contrôle et des barrages militaires. Mesures mises en place par le gouvernement pour sécuriser le pays. À quel prix? Certains diront celui de la liberté. Mais, pour éviter de nous perdre dans une discussion politique, revenons au concert. La musique est rythmée, engagée, il s’agit d’une chanson en espagnol qui s’oppose à l’influence des États-Unis et de cette culture qui tente de s’imposer comme étant supérieure à toutes les autres. Le chanteur répète en boucle ”U.S.A. te usa como una cualquiera” et invite les Colombiens à s’affirmer, à ne pas se laisser utiliser. Il est vrai que la Colombie est extrêmement riche en ressources de toutes sortes et que les États-Unis y effectuent un pillage dans les règles de l’art moderne. La foule s’agite, s’enflamme, une légère brise de révolution souffle. Puis, la chanson se termine, le chanteur annonce la dernière de la soirée et entonne la très connue ”Hit the road Jack”. La foule est satisfaite et se met à danser en entonnant les paroles que chacun connait par coeur, les uns rajustant leur veste Nike, les autres rattachant les lacets de leurs chaussures Addidas (cette description se veut caricaturale mais n’est pas si éloignée de la réalité)… Juan n’en revient pas. Personne ne semble remarquer l’ironie de la scène. La chanson se termine, nous disons au revoir et rentrons nous coucher.

Par la suite, les journées en ville restent très peu nombreuses.  Nous profitons de l´une d´elles pour visiter le Musée de l´or. Nous y découvrons une collection impressionnante d´objets qui furent un jour fabriqués et utilisés par les civilisations précolombiennes de la cordillère des Andes. Ce qui s´offre à nos yeux admiratifs ne représente qu´un infime pourcentage de tout ce qui s´est un jour trouvé sur ces terres. Le reste se trouve aujourd´hui certainement dans les coffres-forts des banques européennes. A travers cette exposition, nous ne pouvons qu´entrevoir légèrement et avec un profond respect le quotidien de ces peuples indigènes qui vivaient en harmonie avec  la Terre Mère.

Un – Uni – Unité

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